
Ce site stratégique, contrôlé par des milices, s’est transformé en piège mortel pour des centaines de mineurs. Une partie d’un versant s’est brutalement effondrée, ensevelissant des dizaines de travailleurs. Le drame s’est aggravé, lorsqu’un second glissement de terrain a frappé la zone déjà fragilisée. « Il a plu, puis il y a eu un glissement de terrain qui a emporté des gens. Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur », témoigne Franck Bolingo, mineur rescapé.
Des recherches désespérées, malgré le danger, des dizaines de chiffonniers continuaient à creuser à la pelle, espérant retrouver des survivants. La scène illustre la précarité des conditions de travail dans cette région minière, où la survie quotidienne prime sur la sécurité.
Un site au cœur des convoitises, depuis sa résurgence en 2021, le groupe armé M23 a étendu son emprise sur de vastes territoires de l’est de la RDC. En avril 2024, il a pris le contrôle de la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu. Ce site n’est pas anodin : il fournit entre 15 et 30 % du coltan mondial, un minerai indispensable à la fabrication des ordinateurs portables et des téléphones mobiles.
Une manne financière colossale, selon les experts des Nations Unies, le M23 a instauré une administration parallèle pour réglementer l’exploitation de la mine. Grâce à une taxe de sept dollars par kilo de coltan, la milice engrangerait environ 800 000 dollars par mois.
Par ailleurs, au-delà du coltan, l’est de la RDC recèle d’importantes réserves d’or et d’étain. Toutefois, l’avancée du M23 a poussé plusieurs sociétés minières internationales à suspendre temporairement leurs activités, accentuant l’isolement économique de la région.