
Quand Sébastien Lecornu s’est rendu à l’ANTS le 15 avril, il n’a pas essayé de minimiser les choses. Face à un vol de données touchant près de 12 millions de particuliers et de pros, le Premier ministre a reconnu que l’État avait lâché prise sur la cybersécurité. Du coup, il a annoncé un déblocage de 200 millions d’euros supplémentaires, inclus dans le plan France 2030, pour tenter de rattraper le retard.
Mais cette somme n’est pas qu’un simple chèque. Elle vient avec une vraie volonté politique. « On est là face à un casse du siècle, sauf que ça arrive presque tous les mois », a lancé Lecornu, en rappelant que depuis janvier, la France subit en moyenne trois vols de données par jour. Sur X, il a martelé qu’il faut « renforcer la protection de nos systèmes face à la multiplication des cyberattaques », en parlant carrément de souveraineté nationale.
Concrètement, le plan du gouvernement repose sur trois piliers. D’abord, une nouvelle organisation : fusionner la Direction interministérielle du numérique et la Direction interministérielle de la transformation publique pour créer une « autorité numérique de l’État » directement sous la coupe de Matignon. Ensuite, plus de sous : en plus des 200 millions promis, les amendes de la CNIL iront désormais dans un fonds pour moderniser le numérique. Enfin, un objectif chiffré : 5 % des budgets numériques des ministères devront être consacrés à la cybersécurité d’ici 2027.
Au final, l’attaque contre l’ANTS a servi de révélateur. Elle a forcé l’État à sortir le porte-monnaie, mais surtout à revoir sa copie sur le numérique. La question, c’est de savoir si ce sursaut suffira à stopper une menace qui, chaque jour, devient plus pressante.