
Un suspense désormais levé. Ainsi, à l’issue d’un Conseil des ministres décisif, le chef du gouvernement a mis fin aux spéculations. Plutôt que de risquer un vote incertain à l’Assemblée nationale, il a préféré engager la responsabilité de son équipe. « Après beaucoup de concertations, nous avons décidé, avec une forme de regret et d’amertume ,d’engager la responsabilité du gouvernement, ce que je ferai demain », a-t-il annoncé ce lundi 19 janvier.
Or, cette décision marque un revirement. En effet, avant le début de l’examen budgétaire, Sébastien Lecornu s’était engagé à ne pas utiliser cette arme institutionnelle, souvent critiquée pour son caractère autoritaire. À l’époque, il affirmait vouloir laisser aux députés la possibilité de peser pleinement dans le débat. Pourtant, face à l’impasse, il a dû se résoudre à franchir le pas.
Certes, le Premier ministre reconnaît une forme d’échec. « Il faut être humble. C’est un semi-succès, semi-échec. Ça a fonctionné sur la Sécurité sociale, personne n’y croyait. Mais sur le budget de l’État, tout le monde en arrive aussi à la conclusion qu’on va dans une impasse », a-t-il expliqué. Dès lors, pour éviter de prolonger un spectacle politique jugé stérile, il a choisi de trancher. « On va arrêter de se donner en spectacle devant le monde entier », a-t-il ajouté, visiblement lassé des blocages.
En définitive, le recours au 49.3 illustre la difficulté du gouvernement à bâtir des compromis solides dans un contexte parlementaire fragmenté. Si cette manœuvre permet de clore le débat budgétaire, elle risque aussi de relancer la polémique autour de l’usage répété de cet outil constitutionnel.