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Vie carcérale en RDC

Situation alarmante : 2 138 détenus pour 500 places dans la prison de Bunia

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Dans l’est de la République démocratique du Congo, la prison centrale de Bunia suffoque littéralement sous le poids de ses propres murs. Prévue pour accueillir 500 personnes, elle en compte aujourd’hui 2 138.

Face à cette situation alarmante, la MONUSCO a choisi d’agir à son échelle, en fournissant du matériel de sécurité et des ressources pour améliorer les conditions de vie, surtout pour les femmes incarcérées. C’est une goutte d’eau dans un océan de détresse, mais elle porte un message, ne pas laisser tomber ceux que la société a mis de côté.

Ce jeudi 7 mai, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé sur son compte X (ex-Twitter) avoir livré cinq extincteurs et dix-sept sacs de ciment à la prison centrale de Bunia, dans la province de l’Ituri. Derrière ces petits chiffres se cache une réalité bien plus lourde : celle d’une prison vieillissante, surpeuplée et dangereuse, où l’État de droit se heurte au manque de moyens. Les chiffres donnent le tournis. La prison centrale de Bunia a été construite pour environ 500 détenus. Aujourd’hui, elle en abrite 2 138, dont 52 femmes et 48 mineurs. Un ratio intenable qui transforme chaque recoin en espace de promiscuité et chaque journée en épreuve.

Dans ces conditions, les risques d’incendie sont constants. Les cinq extincteurs offerts par la MONUSCO, via les contingents du Secteur Nord et l’Unité d’appui à l’administration pénitentiaire, permettront de réagir plus vite en cas de feu – une priorité absolue dans des bâtiments souvent vétustes et mal entretenus.

Quant aux dix-sept sacs de ciment, leur usage est chargé de sens : ils serviront à aménager la cour du quartier des femmes. Un espace qui se transforme en bourbier dès la première pluie, rendant toute hygiène quasi impossible. Une dalle en ciment changera concrètement le quotidien des détenues, en leur offrant un lieu plus propre et plus digne. La MONUSCO n’en est pas à son premier geste envers les prisons congolaises. Depuis plusieurs années, son Unité d’appui à l’administration pénitentiaire forme le personnel et participe à la réhabilitation de certaines infrastructures. À Bunia, le Colonel Camille Nzonzi, directeur de l’établissement, avait déjà salué par le passé les initiatives de la Mission onusienne. Ce soutien modeste mais concret s’inscrit dans la mission globale de la MONUSCO : protéger les civils et consolider la paix. Cela passe aussi, reconnaît l’ONU, par l’amélioration des conditions de détention. « Dans un pays en quête de stabilisation, la manière dont on traite les personnes privées de liberté est un indicateur essentiel de l’état de droit », rappellent discrètement les observateurs internationaux.

Reste que l’ampleur du problème dépasse largement une livraison de ciment et d’extincteurs. La surpopulation carcérale est chronique en RDC, et Bunia n’est malheureusement pas une exception. Faute de jugements rapides, d’alternatives pénales ou de nouvelles constructions, les prisons congolaises continuent d’étouffer. Mais pour les 52 femmes incarcérées à Bunia, ces dix-sept sacs de ciment représentent plus qu’un simple matériau : ils sont la première pierre d’un peu d’humanité retrouvée. Et les cinq extincteurs, une chance de survivre à un incendie qui, sans eux, pourrait être fatal. Un geste modeste, certes. Mais dans l’univers étouffant d’une prison surpeuplée, chaque bouffée d’air compte.