
Face à la Chine, qu’il accuse d’adopter une « logique prédatrice » dans l’exploitation des minerais critiques et des terres rares, le président français a voulu marquer une différence : selon lui, l’Europe n’est pas « le prédateur du siècle ».
Dès l’ouverture de son intervention, le chef de l’État a insisté sur les valeurs qui distinguent l’Europe : respect de l’ordre international, multilatéralisme efficace, État de droit et commerce libre. À l’inverse, il a dénoncé le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine, mené « sans aucun respect des règles ».
Mais Emmanuel Macron ne s’est pas limité à pointer du doigt les puissances étrangères. Il a également rappelé que l’ère coloniale n’était pas seule responsable des difficultés actuelles du continent. « Nous ne devons pas exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi l’indépendance », a-t-il souligné, appelant les dirigeants africains à renforcer la gouvernance. Une manière de répondre aux critiques persistantes visant les anciennes puissances coloniales, notamment la France et le Royaume-Uni, tout en affirmant qu’elles ne sont pas « les prédateurs de ce siècle ».
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte délicat pour Paris. Après plusieurs revers diplomatiques et un recul de son influence en Afrique francophone, la France cherche à élargir son champ d’action. La tenue de ce premier sommet Africa Forward en terre anglophone apparaît ainsi comme une tentative de redorer son image et de bâtir de nouvelles alliances stratégiques. Car, à l’heure où son rôle est de plus en plus contesté, Paris entend prouver qu’elle reste un acteur incontournable sur le continent.