
En marge du sommet de l'OTAN à Ankara, Trump a carrément qualifié l'Espagne de « cause perdue ». Selon lui, le pays ne paie pas sa juste part pour faire tourner l'Alliance. Résultat : Washington envisagerait de suspendre ses échanges avec Madrid pour mettre la pression.
Tout ça arrive en plein milieu des discussions entre membres de l'OTAN pour renforcer les capacités militaires et mieux répartir les frais de défense. Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, a tenté de calmer le jeu en rappelant que l'Espagne a déjà augmenté ses dépenses militaires de façon significative cette année. Il a souligné les progrès de Madrid vers les objectifs de l'Alliance.
Côté espagnol, on a choisi la sobriété. Le gouvernement a dit prendre les déclarations de Trump « avec calme », en réaffirmant vouloir préserver les bonnes relations économiques, culturelles, diplomatiques et sécuritaires entre les deux pays. Madrid a aussi rappelé un point important : sa politique commerciale, c'est l'Union européenne qui gère. Du coup, aucun État membre ne peut être traité tout seul dans les échanges avec des partenaires extérieurs. La Commission européenne n'a pas tardé à réagir pour défendre l'unité du bloc. Bruxelles a promis de protéger les intérêts de tous ses membres et a demandé à Washington de respecter les accords commerciaux conclus avec l'UE.
Au-delà de l'Espagne, Trump n'a pas épargné l'OTAN sur d'autres sujets. Il a reproché à certains alliés leur position sur l'Iran et leur opposition à ses ambitions concernant le Groenland.
Malgré ces nouvelles critiques, Mark Rutte a maintenu que les États-Unis restent pleinement engagés dans l'Alliance. Mais il a reconnu que les partenaires européens sont désormais plus poussés à investir davantage dans leur propre défense. Ces déclarations de Trump montrent une fois de plus les divergences qui persistent entre Washington et plusieurs capitales européennes sur le financement de l'OTAN. Un sujet qui continue de faire débat au sein de l'Alliance.