
Devant le Conseil de sécurité, lors d’un débat sur le règlement pacifique des conflits, Guterres a prévenu que « la situation est en train de nous échapper » et que la région s’enfonce dans « un cycle de confrontation qui ne fait que s’élargir ». « Il est urgent de prendre du recul. Frapper des infrastructures civiles, c’est inacceptable. Ce conflit n’a pas de solution militaire. Il faut que les combats s’arrêtent partout dans la région », a-t-il insisté, réclamant aussi le rétablissement de la libre circulation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
Pour le chef de l’ONU, « la diplomatie reste la seule issue ». Il a d’ailleurs salué les efforts de médiation menés par le Pakistan et plusieurs pays de la zone pour tenter d’apaiser les choses.
La crise perturbe gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, où transite habituellement près de 20 % du pétrole et du gaz mondiaux. D’après l’Organisation maritime internationale (OMI), depuis la reprise des attaques contre les navires commerciaux à la mi-juillet, quasiment aucun bateau ne s’aventure plus dans ce passage stratégique.
L’OMI estime qu’environ 6 000 marins, répartis sur près de 500 navires, sont actuellement bloqués dans le Golfe persique. Son secrétaire général, Arsenio Dominguez, a rappelé que ces équipages sont des civils qui assurent le transport de 90 % du commerce mondial. Il a plaidé pour leur évacuation et pour la sécurisation du détroit, afin de permettre une reprise progressive du trafic.
Lors d’un point presse, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a mis en garde : les violences aggravent les risques pour le commerce maritime, les liaisons aériennes, les postes-frontières et les chaînes d’approvisionnement régionales. De quoi faire craindre une détérioration de la situation humanitaire.
Par ailleurs, des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme ont condamné la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, signalant des frappes sur des infrastructures civiles. Selon les autorités iraniennes, au moins 50 personnes ont été tuées et plus de 500 blessées depuis le retour des combats.
Ces experts ont aussi demandé aux autorités iraniennes de suspendre immédiatement les exécutions de dix jeunes hommes condamnés à mort après les manifestations. Ils estiment que l’accélération des procédures judiciaires est très inquiétante.