
Jusque-là, pas une seule prise de parole officielle du côté marocain, au plus fort de la tourmente. Les médias du pays se contentaient de reprendre les chiffres diffusés par les institutions espagnoles. Une absence de communication vivement critiquée, que Rabat a tenté de rattraper ce week-end.
C'est par une longue vidéo de près de six minutes que le porte-parole du ministère s'est adressé au public, revenant sur « les évènements survenus récemment aux postes-frontières de Ceuta et Melilla ». Dans son communiqué, le ministère indique que 40 000 personnes ont tenté le passage illégal. Parmi les 11 morts recensées, une serait due à une chute, les dix autres à une noyade. Le communiqué précise que les autorités marocaines, en collaboration avec leurs homologues espagnoles, poursuivent leurs vérifications concernant d'autres cas de décès évoqués à Ceuta.
Le ministère avance également que, d'après « les données collectées et analysées », ces événements n'avaient rien de spontané. Il pointe du doigt un faisceau de causes : la diffusion de fausses informations sur Internet, l'action des réseaux de trafic d'êtres humains, et une « interprétation erronée des données juridiques et administratives » qui aurait laissé croire à un accès facile à l'espace européen. Des enquêtes ont d'ailleurs été ouvertes, précise le texte.