
D’ordinaire discrète sur sa vie privée, Simone Ehivet Gbagbo s’est ouverte cette fois-ci, dans le cadre de l’émission Elles&co. Invitée de l’émission, l’ex-Première Dame a fait le tour sur sa vie avant sa rencontre avec l’ex-président de la République, ses combats politiques, ses divorces d’avec la communauté catholique ainsi que d’avec ses deux époux de vie.
Née à Moossou, Simone Ehivet Gbagbo a vécu et grandi dans une famille chrétienne catholique. Ses parents étant de cette communauté religieuse. Pratiquante, elle dirigera quatre ans durant la Jeunesse estudiantine catholique (JEC) avant d’abandonner la religion catholique. Elle deviendra, selon ses dires, « athée » pendant 15 ans avant de retrouver la foi religieuse. Ses aspirations politiques, notamment sa conviction communiste n’étant plus adaptées à la foi chrétienne.
Ancienne enseignante de français au Lycée classique d’Abidjan, Simone Ehivet Gbagbo poursuivra ses études jusqu’à décrocher un doctorat qui lui permettra de dispenser des cours à l’université. Si elle est plus connue comme ayant été l’épouse du président Laurent Gbagbo, Simone Ehivet Gbagbo a eu un mariage bien avant. « Je ne me suis pas mariée tout de suite avec Laurent Gbagbo », confie-t-elle précisant qu’elle a été d’abord « mariée à un homme nommé Ehouman Joseph ». De ce mariage, naitront trois premiers enfants dont un garçon et une paire de jumelles.
Alors qu’on croyait que la naissance de ces trois enfants allait solidifier le couple, des divergences apparaîtront et tout se brisera. « Il était catholique comme moi à l’époque. Mais notre mariage n’a pas tenu, car nous n’étions plus d’accord sur certaines choses, notamment sur le plan idéologique. Lui, est resté catholique, tandis que moi, je suis devenue communiste, donc c’était compliqué. On était déjà séparés en 1980 », a-t-elle confié.
Rencontre avec Laurent Gbagbo
La rencontre entre Laurent Gbagbo et Simone Gbagbo remonte à très longtemps. A cette époque, l’ex-Première Dame était encore étudiante quant celui qui deviendra plus tard son époux était déjà célèbre et connu dans le milieu estudiantin pour ses engagements politiques. « Mon époux, Laurent Gbagbo, je l’ai connu alors que j’étais encore étudiante à l’université, en 1792. Ce monsieur était déjà célèbre. C’était un grand militant du monde estudiantin qui se battait contre le parti unique, contre le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, et moi aussi, j’étais engagée dans cette vision de lutte contre le parti unique, contre la jeunesse unique, contre les syndicats uniques et autres. J’étais déjà investie dans ce combat avec la JEC », situe-t-elle non sans préciser que c’est après sa séparation définitive d’avec le père de ses trois premiers enfants qu’ils se mettront en couple. « C’est après cette séparation que je me suis véritablement mise en couple avec Laurent Gbagbo », souligne-t-elle.
Sur les circonstances de leur rencontre, Simone Ehivet Gbagbo confie que même si à cette époque elle entendait déjà parler de l’homme, c’est finalement dans les années 72-73 qu’ils se rencontreront physiquement pour la première fois. « J’entendais parler de lui, mais je ne le connaissais pas encore. Il a eu plusieurs problèmes avec le pouvoir de l’époque et a été arrêté à plusieurs reprises. Cette fois-là, il avait été conduit dans un camp militaire où il est resté pendant près de trois ans. À cette époque, il était professeur au Lycée Classique. C’est à sa sortie que nous nous sommes rencontrés physiquement, vers 1972 ou 1973. C’est ainsi que nous avons fait connaissance et que tout a commencé. Nous avons d’abord milité ensemble en politique avant de créer le Front populaire ivoirien », a-t-elle relevé.
Leurs chemins s’étant désormais croisés, ils feront ensemble la politique et finiront par former un couple bien évidemment après son divorce d’avec son premier époux. « Avec Laurent Gbagbo, nous avons fait de la politique ensemble, créé des organisations et des structures, mené des combats, puis nous nous sommes mariés en 1989, après son retour d’exil. En 1982, il avait été contraint de fuir le pays pour éviter d’être arrêté par le parti unique. Il est alors parti vivre en France, tandis que moi, je suis restée. Lorsqu’il est revenu d’exil, six ou sept ans plus tard, nous nous sommes finalement mariés », a-t-elle appris. De leur vie couple, naitront deux enfants, des jumelles. « Avec lui, j’ai encore eu une paire de jumelles. Au total, j’ai eu cinq enfants et c’est lui qui les a tous élevés », confie-t-elle.
Quand le divorce survint
Les différents combats politiques menés par le couple vont finalement payer permettant à Laurent Gbagbo d’accéder au pouvoir d’Etat en 2000. Les deux ne se quitteront plus jusqu’en 2011 où survint la crise post-électorale à l’issue de laquelle Laurent Gbagbo perd le pouvoir d’Etat et sera transféré à la Cour pénale internationale (CPI). Une décennie plus tard après son acquittement, c’est avec une autre compagne que l’ex-président de la République rentre en Côte d’Ivoire. Simone Gbagbo, ignorée à l’aéroport par son époux, comprendra qu’elle venait de perdre son homme. Et tout cela sera acté par le divorce à la justice. Un divorce que Simone Ehivet Gbagbo dit avoir géré dans le silence. Mais avec beaucoup de questionnements et d’interrogations. « Quand ces choses-là arrivent, il y a l’émotion, même la révolte, la déception. C’est une révolte contre l’homme avec qui j’ai quand même passé 50 ans de ma vie. Et puis il y a une révolte contre Dieu pour comprendre pourquoi tout cela m’arrive. Et puis ma réaction a été le silence car je me disais qu’il ne servait à rien d’aller pleurer dehors, d’en parler », a-t-elle témoigné.