
A l'issue du Conseil des ministres qui s'est tenu à la Présidence de la République, au Plateau, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a annoncé la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Un organe longtemps décrié par l'ensemble des partis politiques de l'opposition et même de certaines organisations de la société civile.
Et si pendant plusieurs mois, ces acteurs de la vie politique du pays ont réclamé en vain la dissolution de cet organe chargé de l'organisation et de l'encadrement élections en Côte d’Ivoire, le gouvernement lui, a toujours nié la partialité de la CEI. Pour lui, cet organe étant composé de l'ensemble des acteurs des partis politiques et organisations de la société civile, n'avait aucun problème.
Ainsi, après les élections présidentielles de 2010, 2015, 2020 et 2025, ou encore les scrutins législatives et municipales de 2018, 2021, 2023 et 2025, la CEI va donc disparaître avec l'accord du régime au pouvoir. Si cette décision est salutaire pour certains à l'instar de la présidente du Mouvement des générations capables (MGC), Simone Ehivet Gbagbo, d'autres noms comme ce cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Fabrice Lago dit Steve Beko, se posent encore des questions. Dans une déclaration sur ses réseaux sociaux, ce jeudi 7 mai 2026, s'est interrogé sur le fondement de la dissolution de la CEI.
"Sur quel fondement constitutionnel précis repose cette ordonnance ? Quelle est la loi d'habilitation autorisant le gouvernement a intervenir par ordonnance conformément à l'article 106 de la Constitution ? Quel dispositif juridique transitoire garantit immédiatement la continuité de l'organe chargé de l'organisation des élections conformément à l'article 51 de la Constitution ? A quelle date interviendra la ratification parlementaire de cette ordonnance ?", s'est interrogé le cadre du Parti dirigé par Laurent Gbagbo.
En clair, pour Fabrice Lago, une dissolution à ces heures de la vie politique de la Côte d’Ivoire ne devrait pas être perçue comme "une évolution de la position du gouvernement". Mieux, elle permet juste de "mieux" situer le débat sur le terrain juridique.