
« Je vous confirme, par la présente, ma décision de démissionner du MGC, pour des raisons strictement personnelles », écrit l'universitaire dans cette correspondance, qui évoque en préambule un « échange cordial » tenu le jour même avec la cheffe du parti. Le désormais ex-numéro deux du MGC ne formule aucun grief à l'endroit de la direction. Il exprime au contraire sa « profonde gratitude » pour « la confiance » que lui a accordée Mme Ehivet Gbagbo « tout au long de [son] engagement au sein du Parti » et se dit « reconnaissant pour les expériences humaines et politiques » vécues « à [ses] côtés et avec l'ensemble des militants du MGC ».
Je vous remercie pour tout le travail
« Je vous remercie également pour tout le travail accompli sous votre leadership, au service de notre idéal commun », poursuit le démissionnaire, avant de conclure en priant « Madame la Présidente » d'agréer « l'expression de [sa] très haute considération ». Figure centrale de l'appareil du MGC, dont il avait également la charge de la communication, le Pr Traoré occupait le poste de premier vice-président depuis l'assemblée générale constitutive du parti, en août 2022. En septembre 2025, Simone Ehivet Gbagbo l'avait nommé directeur national de sa campagne pour l'élection présidentielle du 25 octobre 2025, remportée par le président sortant Alassane Ouattara.
Considéré comme l'un des plus proches collaborateurs de l'ancienne Première dame, il était aussi l'un des visages les plus exposés de la formation, dont il portait régulièrement la parole dans le débat public, encore récemment sur le dossier des opérations de déguerpissement conduites dans le District d'Abidjan. Les raisons profondes de ce départ ne sont pas encore connues. Ni l'intéressé ni la direction du MGC n'avaient réagi officiellement à la diffusion de ce courrier samedi en fin de journée.
Créé en 2021 sous la forme d'un mouvement citoyen avant sa mutation en parti politique en août 2022, le MGC est la formation fondée et présidée par Simone Ehivet Gbagbo, Première dame de Côte d'Ivoire de 2000 à 2011.
Le départ de son premier vice-président prive le parti de l'un de ses principaux cadres, à un moment où l'opposition ivoirienne cherche à se repositionner après la présidentielle d'octobre 2025.
Yacouba DOUMBIA