Politique

À peine sorti de prison : Mamadou Traoré invite le président Ouattara à tendre la main à Soro Guillaume

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Quelques jours après sa sortie de prison (le 7 août 2026, après deux ans de prison), Mamadou Traoré, proche de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Soro Kigbafori Guillaume, a lancé un appel au président Alassane Ouattara.

Dans un post publié ce mercredi 12 août 2026, sur ses réseaux sociaux, Mamadou Traoré a invité le président Ouattara à définitivement "enterrer" la hache de guerre en tendant la main à son ancien protégé, Soro Kigbafori Guillaume. "C'est le cœur lourd et rempli d'incompréhension que je fais ce constat : sept (7) années ont passé, et le président Alassane Ouattara n'a toujours pas tendu la main à son cadet Guillaume Soro pour sceller définitivement la paix. Pourtant, l'histoire de notre grande nation s'est toujours écrite par le pardon et le dépassement de soi", a-t-il lancé en direction du numéro un ivoirien. 

À l'écouter, l'histoire de la Côte d'Ivoire a été faite sur des actions de pardon et de tolérance entre les différents acteurs politiques. C'est-à-dire de 1988 entre le président Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo ; de Henri Konan Bedié et Alassane Ouattara ; de Laurent Gbagbo et Soro Guillaume ; ou encore de Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara en 2021, les relations ont toujours, selon lui, fini par se régler. Et ce, grâce à un geste de générosité de l'un envers l'autre. 

"Souvenons-nous de 1988. Le père de la nation, le président Félix Houphouët-Boigny, modèle éclairé n'a pas hésité à mettre son propre avion à la disposition de son principal opposant, Laurent Gbagbo, pour abréger cinq années d'exil en France. Lorsque ce dernier lui a présenté ses excuses pour la rudesse de ses propos passés, le Sage de Yamoussoukro a eu cette parole mémorable : l'arbre ne se fâche pas contre l'oiseau. L'arbre, c'était la Côte d'Ivoire tolérante, l'oiseau, c'était ce fils revenu au bercail. Ce jour-là, le palabre a pris fin", a-t-il rappelé. 

Cette même situation s'est également présentée lorsque l'actuel président, Alassane Ouattara était en exil et dans l'opposition, accusé par les partisans de Gbagbo d'être le commanditaire de la rébellion, Laurent Gbagbo avait fait preuve d'une humanité en lui permettant de rentrer au pays. Et ce, dans le but de "dignement enterrer sa mère sur la terre de ses ancêtres", a rappelé Mamadou Traoré. "Plus tard, malgré les épreuves de l'histoire, la crise de 2010 et la CPI, Laurent Gbagbo est allé en 2021 saluer le président Ouattara pour consolider la paix nationale", s'est-il à nouveau souvenu. 

Alors, pour ce proche de l'ancien Premier ministre de Côte d'Ivoire, Soro Guillaume, si Houphouët a su pardonner Gbagbo, que Bedié a fait la paix avec Ouattara ; Gbagbo également a fait la paix avec Ouattara et Soro, pourquoi les deux derniers ne le feraient-ils pas à leur tour ? "Ceux que l'on peignait autrefois comme d'intraitables rivaux, de grands rancuniers, ont su pardonner. En tendant à son tour une main fraternelle à Guillaume Soro, le chef de l'État prouverait à la Côte d'Ivoire et au monde qu'il est cet homme de rassemblement, véritable héritier de la philosophie d'Houphouët-Boigny. C'est l'appel vibrant que je lance aujourd'hui", a-t-il conclu.