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Armées et Nations Unies : La Côte d’Ivoire évalue la participation féminine aux missions de paix

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Le jeudi 11 juin 2026, à l’Hôtel des Armées d’Abidjan au camp Gallieni, en présence d’autorités civiles et militaires s'est tenue la cérémonie de lancement officiel du projet Évaluation des obstacles à la participation des femmes militaires ivoiriennes aux opérations de maintien de la paix (OMP) Des Nations Unies).

Cette évaluation marque une étape décisive dans la quête d’égalité et de modernisation des forces armées. Commandité par ONU Femmes en appui à l’État-major général des armées, le rapport a été réalisé par le CAPEC-CIRES avec le soutien financier du Fonds de l’Initiative ELSIE et l’appui technique du Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité. Les résultats de l’étude révèlent qu’entre 2017 et 2024, sur 2 395 militaires ivoiriens déployés dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, seulement 96 étaient des femmes, soit environ 4 % des effectifs. Un taux jugé encore insuffisant au regard des objectifs internationaux en matière de participation féminine aux missions de paix.

Représentant le ministre de la Défense, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré a félicité le chef d’état-major général des armées, Lassina Doumbia, pour les initiatives entreprises en faveur d’une meilleure intégration des femmes dans les forces armées et leur participation accrue aux opérations extérieures. « Cette initiative porte un message fort. Elle témoigne de la détermination de la Côte d’Ivoire à demeurer un acteur crédible de la paix internationale et illustre notre engagement à promouvoir l’excellence, le mérite et l’égalité des chances au sein de nos forces armées », a-t-elle souligné.

Les forces ivoiriennes s’engagent dans une transformation profonde 

Prenant la parole, Lassina Doumbia, Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA) a souligné que la question dépasse le cadre social. " En réalité, elle touche directement la sphère opérationnelle. Depuis plusieurs années, les forces ivoiriennes s’engagent dans une transformation profonde, conjuguant modernisation et ouverture internationale. Toutefois, malgré les avancées, des obstacles persistent, notamment liés aux conditions de projection et aux résistances culturelles. Cependant, ces blocages ne doivent pas être perçus comme des fatalités. Bien au contraire, le rapport présenté vise à les identifier pour mieux les surmonter. Car, dans les contextes contemporains où les opérations militaires se déroulent au cœur des populations, la diversité devient une force. Elle favorise une meilleure compréhension des environnements locaux, enrichit l’analyse stratégique et renforce la cohésion des troupes.", a déclaré le CEMGA. Enfin, le haut commandement militaire a insisté sur la nécessité d’une évolution progressive et cohérente. Il ne s’agit pas d’imposer des changements brusques, mais de consolider les acquis et d’ouvrir davantage de perspectives aux jeunes femmes choisissant la carrière militaire. À terme, cette démarche contribuera non seulement à renforcer les capacités opérationnelles de la Côte d’Ivoire, mais aussi à affirmer son rayonnement sur la scène internationale.

Quant à la représentante résidente d’ONU Femmes en Côte d’Ivoire, a exprimé sa reconnaissance aux plus autorités ivoiriennes, notamment au Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, pour leur engagement constant en faveur de la vision portée par le président de la République, Alassane Ouattara, visant à renforcer la place des femmes au sein des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).

Adjaratou Ndiaye, a salué « Le Système des Nations Unies demeure pleinement engagé aux côtés du Gouvernement de Côte d’Ivoire pour accompagner cette ambition. Une Paix durable ne peut être pleinement construite lorsque la moitié des talents, des compétences et du leadership d’une nation demeure encore insuffisamment représentée », a-t-elle déclaré. Pour sa part, le directeur adjoint de la Cellule d’analyse de politiques économiques du Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CAPEC-CIRES), Kimou Assi, a insisté sur l’importance stratégique de la présence des femmes dans les missions de paix. Selon lui, la participation des femmes militaires constitue non seulement une exigence des Nations Unies, mais également un facteur d’efficacité opérationnelle, favorisant la confiance des populations, l’amélioration du renseignement et la modernisation des forces armées. « Il ne s’agit plus de protéger les femmes de la mission, mais de préparer la mission pour elles », a-t-il affirmé.

Cette cérémonie marque l'aboutissement de l'époque en processus d'évaluation, conduit selon la méthodologie internationale, donne et constitue l'étape majeure dans l'engagement des contrats communs de Côte d'Ivoire en faveur d'une participation plus significative et parlementaire aux opérations de paix.