
Ce constat a été mis en lumière lors d’une séance de sensibilisation organisée le samedi 2 mai 2026 à Logboayo, dans le département de Soubré. L’événement, initié par l’ONG Action pour l’enfant et la femme en Côte d’Ivoire (APEF-CI) en partenariat avec la Société de gynécologie et d’obstétrique de Côte d’Ivoire (SOGOCI), a rassemblé acteurs de santé et représentants de la société civile.
Dès l’ouverture des échanges, les intervenants ont rappelé que près d’un décès maternel sur cinq est associé à des pratiques d’avortement non encadrées. Par ailleurs, ils ont souligné un taux de prévalence contraceptive limité à 21 %, tandis que les besoins non satisfaits en planification familiale atteignent 22 %. Ainsi, le manque d’accès à l’information et aux services adaptés demeure un frein majeur à la santé reproductive. Le directeur de l’APEF-CI, Yeboua Kouadio, a insisté sur l’importance de renforcer les campagnes d’information. Selon lui, la connaissance du cadre légal, notamment l’article 427 nouveau du code pénal adopté en 2024, est essentielle pour limiter les pratiques à risque. « La maîtrise du cadre légal permet de réduire considérablement les dangers », a-t-il affirmé.
En outre, les communications ont abordé les droits en santé sexuelle et reproductive, le cadre juridique national ainsi que les engagements régionaux, tels que le protocole de Maputo. Les participants ont également été sensibilisés aux grossesses en milieu scolaire et aux conséquences des pratiques non encadrées. De ce fait, la question dépasse la seule sphère médicale pour toucher directement l’avenir des jeunes filles. Pour sa part, Oupoh Bernadette, coordonnatrice de l’ONG Coalition Namane, a mis en avant les obstacles socioculturels et linguistiques. Selon elle, l’accès à l’information constitue un levier incontournable pour réduire les risques. Cependant, ces barrières montrent que la lutte doit aussi se mener sur le terrain des mentalités.
Cette initiative s’inscrit dans le projet « Tous ensemble pour la consolidation des acquis et le renforcement du plaidoyer pour l’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire (TECA-RPAS CI) », financé par AmplifyChange. Le programme prévoit, entre autres, des actions de formation à destination des forces de sécurité afin d’assurer une meilleure application des dispositions légales en matière de santé reproductive. Ainsi, la mobilisation collective apparaît comme la clé pour transformer les engagements en réalités.