
C’est le message fort du directeur général, Yassougui Mamadou Sekongo, qui s’est exprimé dimanche 14 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, célébrée cette année au siège de l’institution à Treichville, Abidjan. Il a rappelé une réalité simple mais frappante : le sang, on ne peut pas le fabriquer. Aucun laboratoire, aucune technologie ne peut encore le recréer. « Aucun scientifique n’a trouvé la formule magique pour créer du sang. Ce sont uniquement la générosité et la solidarité humaine qui permettent de sauver des vies », a-t-il insisté.
Depuis 2004, l’Organisation mondiale de la santé a instauré cette journée pour remercier tous ceux qui, bénévolement, donnent régulièrement leur sang. En Côte d’Ivoire, la célébration a eu lieu dans toutes les localités où il y a un centre de transfusion. Le directeur général n’a pas manqué de saluer ces donneurs, qu’il appelle des « héros du quotidien ». Grâce à eux, le pays arrive aujourd’hui à couvrir ses besoins en sang sur tout le territoire.
Mais attention, cet équilibre est fragile. Le sang ne se conserve pas indéfiniment. Par exemple, le concentré de globules rouges, le produit le plus utilisé dans les hôpitaux, ne tient que 42 jours. « Donner son sang, c’est un engagement qui doit se renouveler sans cesse. Il faut reconstituer les stocks en permanence pour répondre aux besoins des malades », a expliqué M. Sekongo.
Pour garantir une réserve suffisante, le CNTSCI vise un stock de dix jours de consommation nationale. Concrètement, avec environ 1 500 poches de sang nécessaires chaque jour, il faudrait toujours avoir 15 000 poches disponibles, réparties entre tous les groupes sanguins. « C’est possible si 2 000 personnes donnent leur sang chaque jour. Nous sommes plus de 33 millions d’habitants. Si chacun prend conscience de l’importance de ce geste, on peut sécuriser les stocks sur le long terme », a-t-il affirmé.
Le directeur a aussi souligné les progrès réalisés grâce à l’implication du gouvernement, des institutions publiques, des associations et même des communautés étrangères vivant en Côte d’Ivoire. Depuis 2023, les « Samedis de la solidarité » permettent notamment de maintenir la sensibilisation tout au long de l’année. Bonaventure Kouassi, président de l’Union des donneurs de sang de Côte d’Ivoire, a lui aussi pris la parole pour encourager les gens à s’engager davantage. Il a rappelé le thème de cette édition : « Une goutte d’humanité ». Un appel à la solidarité, à parler du don de sang autour de soi, à mobiliser ses proches.
« Les malades qui ont besoin de transfusions comptent sur nous. Chaque don peut redonner espoir à une famille, sauver une femme qui accouche, un accidenté de la route, un patient en situation critique », a-t-il déclaré. Il a lancé un appel particulier à ceux qui n’ont jamais donné : « Venez, tendez la main, offrez un peu de votre sang pour que d’autres puissent retrouver le sourire et la santé. »
Kouassi a également rendu hommage aux associations, aux bénévoles et aux donneurs réguliers qui soutiennent les structures sanitaires du pays. Pour lui, le don de sang est un acte citoyen, humanitaire, et même héroïque. « Continuons de tendre les bras, continuons d’offrir la vie », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation permanente pour que le sang soit toujours disponible pour ceux qui en ont besoin.