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Lutte contre la fraude aux examens : La Deco durcit le ton

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La première responsable de la Direction des Examens et Concours (DECO), Kadidiata Diarra épouse Badji, était l’invitée de la Tribune de presse « Tout Savoir Sur », initiée par le Centre d'information et de communication gouvernemental, mardi au Plateau.

Face aux préoccupations liées à l’organisation des examens scolaires de fin d’année, elle a détaillé les mesures mises en place pour lutter contre la fraude et garantir la transparence des évaluations nationales.

Une stratégie nationale contre la fraude

Selon la DECO, la fraude scolaire demeure une préoccupation majeure du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation. Depuis plusieurs années, l’institution déploie une stratégie combinant prévention, sensibilisation et répression afin de préserver la crédibilité des examens nationaux. « Dès la grande réunion de rentrée, les taux de réussite sont présentés, mais également les cas de fraude recensés », a indiqué la directrice.

Une sensibilisation est ensuite menée auprès des élèves, des encadreurs et de l’ensemble des acteurs du système éducatif afin de décourager ces pratiques jugées déshonorantes. Grâce à une cartographie des zones sensibles, des équipes de la DECO sillonnent les différentes régions du pays pour informer les candidats sur les conséquences disciplinaires liées à la fraude. « Nous sensibilisons, nous formons et nous prévenons. Il vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle insisté.

Un dispositif de surveillance renforcé

Pour les épreuves écrites comme orales, un important dispositif de contrôle est déployé dans les centres d’examen. Les surveillants et les différents intervenants sont sélectionnés avec rigueur afin de limiter les risques de complicité. La DECO s’appuie également sur l’Inspection générale du ministère, considérée comme « l’œil du ministère » sur le terrain. Cette structure de supervision dispose de larges pouvoirs pour identifier et sanctionner les acteurs indélicats.

Outre les contrôles classiques, la DECO utilise désormais des moyens technologiques avancés. Certains centres sont équipés de systèmes de vidéosurveillance fixes, tandis qu’un dispositif mobile permet de détecter les téléphones portables dissimulés dans les salles ou aux abords des centres. « Quand les équipes passent dans un centre, ce sont parfois des sacs entiers de téléphones qui sont saisis », a révélé la directrice, appelant les candidats à abandonner toute tentative de tricherie.

Des sanctions sévères

Tout candidat surpris en flagrant délit est immédiatement exclu de la salle d’examen. Un procès-verbal est établi avant la transmission du dossier à la commission compétente. Selon la gravité des faits, les sanctions peuvent aller d’une suspension de trois à cinq ans. L’année dernière, 80 acteurs impliqués dans des cas de fraude, candidats comme encadreurs, ont été sanctionnés.

La DECO souligne également que certaines fraudes sont découvertes après les corrections, notamment lorsque des copies identiques sont détectées. Cette année déjà, six résultats ont été annulés après enquête.

« Le jour de l’examen, chacun pour soi »

Face aux représentants du Parlement des jeunes, la directrice de la DECO a lancé un appel à la responsabilité individuelle. « Vous travaillez ensemble pendant l’année scolaire, mais le jour de l’examen, chacun doit se concentrer sur sa propre copie », a-telle rappelé. Même un candidat aidant un camarade peut être considéré comme complice et voir son résultat annulé. Malgré cette fermeté, la DECO rassure les élèves. Les examens nationaux, selon elle, sont adaptés au niveau des candidats et tiennent compte du contrôle continu. Après des taux de réussite de 86 % au CEPE, 51 % au BEPC et environ 40 % au baccalauréat l’an dernier, l’institution affirme viser un objectif ambitieux : « 100 % de réussite sans fraude ».