Société

Interview/ Colloque-hommage au Prof Aimé Kouakou Kouassi Le Prof Lacina Yeo : « il a consacré sa carrière à analyser les dynamiques historiques, et politiques entre l’Afrique subsaharienne et le monde germanophone »

interview-colloque-hommage-au-prof-aime-kouakou-kouassi-le-prof-lacina-yeo-il-a-consacre-sa-carriere-a-analyser-les-dynamiques-historiques-et-politiques-entre-lafrique-subsaharienne-et-le-monde-germanophone
© DrLe Professeur Lacina Yeo donne les raisons pour l’organisation d’un colloque-hommage au Professeur Aimé Kouakou Kouassi (Ph DR)
PARTAGEZ
Le département d’Allemand de l’Université Félix Houphouët Boigny, en partenariat avec le Goethe-institut organise du 09 au 10 juillet 2026 un colloque-hommage au Professeur Aimé Kouakou Kouassi. À quelques jours de l’événement, Professeur Lacina Yeo, maître de Conférences en littérature et civilisation allemande, chef du département Allemand de ladite université, est le Coordonnateur du colloque. Dans cette interview, il situe les enjeux pour la Côte d'Ivoire.

Un colloque-hommage au Professeur Aimé Kouakou Kouassi. Qui est l’homme ? 

Le professeur Aimé Kouakou Kouassi est l’un des pionniers et des figures majeures des études germaniques en Côte d’Ivoire et en Afrique francophone. Spécialiste reconnu de la civilisation allemande, il a consacré sa carrière à analyser les dynamiques historiques, culturelles et politiques entre l’Afrique subsaharienne et le monde germanophone. Son œuvre, à la fois rigoureuse et novatrice, a contribué à renouveler la compréhension des relations germano-africaines, en mettant en lumière les circulations intellectuelles, les héritages coloniaux, les échanges culturels et les enjeux contemporains.

Il a également formé plusieurs générations d’enseignants, de chercheurs et de diplomates, devenant une référence académique et un bâtisseur institutionnel.

Son influence dépasse largement le cadre universitaire : elle touche la diplomatie culturelle, la coopération scientifique et le dialogue interculturel. C’est cette contribution exceptionnelle, durable et structurante qui justifie l’organisation d’un colloque international en son honneur.

En organisant ce colloque, que recherchez-vous ?

Nous recherchons avant tout à honorer un maître, célébrer son apport scientifique et reconnaître son rôle dans la construction d’un champ de recherche essentiel pour la compréhension des relations entre l’Afrique et l’Allemagne. Mais au-delà de l’hommage, ce colloque vise à : créer un espace de réflexion de haut niveau sur les relations germano-africaines, en réunissant des chercheurs, diplomates, artistes et acteurs culturels. Il vise également à renforcer la coopération académique entre l’Université Félix Houphouët-Boigny, le Goethe-Institut et les institutions partenaires. Le troisième axe , c’est de stimuler la recherche contemporaine sur les dynamiques historiques, politiques, littéraires et économiques entre les deux espaces culturels. Et enfin valoriser la production intellectuelle africaine, en montrant la capacité des universités africaines à porter des débats internationaux majeurs. [Enjeu diplomatique, c’est de contribuer au rapprochement entre l’Afrique subsaharienne et le monde germanophone, dans un contexte où les partenariats culturels et éducatifs sont en pleine expansion].

Quels sont les enjeux ?

Les enjeux sont multiples et stratégiques : l’enjeu scientifique, c’est consolider un champ de recherche encore peu exploré, en proposant des analyses nouvelles sur les relations germano-africaines. L’enjeu institutionnel, ambitionne de renforcer la visibilité internationale de l’Université Félix Houphouët-Boigny et du Goethe-Institut d’Abidjan. 

L’enjeu diplomatique vise à contribuer au rapprochement entre l’Afrique subsaharienne et le monde germanophone, dans un contexte où les partenariats culturels et éducatifs sont en pleine expansion. 

L’enjeu mémoriel est de reconnaître l’héritage intellectuel d’un professeur dont l’œuvre a marqué plusieurs générations. L’enjeu sociétal est d’encourager le dialogue interculturel et la compréhension mutuelle dans un monde où les identités et les circulations culturelles sont en constante recomposition.

Quelles sont les raisons qui ont guidé votre choix sur le thème retenu ?

Le thème « L’Afrique au carrefour des civilisations. Regards croisés sur les relations germano-africaines des origines à nos jours » s’est imposé pour plusieurs raisons. D’abord, il reflète le cœur des travaux du professeur Kouassi, qui a consacré sa vie à analyser les interactions entre l’Afrique et l’Allemagne. Ensuite, il permet une approche pluridisciplinaire, intégrant l’histoire, la littérature, la politique, l’économie, les arts et les relations internationales. Il offre également une perspective diachronique, permettant de comprendre les origines, les transformations et les enjeux contemporains des relations germano-africaines. Il ouvre aussi la voie à des regards croisés, favorisant la diversité des approches et des voix : chercheurs africains, allemands, artistes, diplomates, acteurs culturels. Et pour terminer, il s’inscrit dans une dynamique actuelle où l’Afrique redéfinit sa place dans les échanges mondiaux, notamment avec les pays germanophones.

Quelles sont les grandes articulations de ce rendez-vous universitaire ?

Le colloque s’articulera autour de plusieurs axes majeurs. Il est prévu des conférences plénières animées par des spécialistes internationaux des relations germano-africaines. Il est prévu aussi des panels thématiques portant sur : les relations historiques entre l’Afrique et l’Allemagne ; les enjeux politiques et diplomatiques contemporains ; les échanges littéraires, artistiques et culturels ; les dynamiques économiques et les coopérations universitaires. D’autres temps forts vont porter sur les performances artistiques mettant en valeur les expressions culturelles africaines et germaniques. Il y aura l’hommage officiel au professeur Aimé Kouassi Kouassi, en présence de personnalités politiques et diplomatiques et des moments de dialogue et de réseautage, favorisant les collaborations futures entre institutions et chercheurs.

Réalisée par Manuel Zako