
Qu'est-ce qui, selon vous, vous a permis d'atteindre les responsabilités que vous exercez aujourd'hui ?
Je rends toute la gloire à Dieu, sans qui rien n'aurait été possible. Je remercie également mes parents pour leur soutien constant. Mon parcours repose sur trois piliers : la formation, le travail et la persévérance. Je n'ai jamais cessé d'apprendre ni de saisir les occasions de progresser.
Quel rôle vos parents ont-ils joué dans votre réussite ?
Un rôle déterminant. Ils m'ont soutenue, encouragée et accompagnée à chaque étape. Leur présence m'a donné la force de continuer, même lorsque le chemin devenait difficile.
Beaucoup vous demandent comment vous avez réussi à intégrer les instances internationales du football.
Que leur répondez-vous ?
Ma réponse tient en quelques mots : mes diplômes, ma formation et mon travail. J'ai répondu aux appels à candidatures, développé mes compétences et continué à me former, en ligne comme en présentiel. Dans ce domaine, il faut rester en mouvement : apprendre, se préparer et oser saisir les opportunités.
Quel prix avez-vous dû payer pour construire ce parcours ?
Un investissement important, aussi bien financier que personnel. Certaines formations m'ont coûté 5 000 €, 10 000 €, 15 000 €, voire 20 000 €, sans compter les billets d'avion, les déplacements, l'hébergement et la restauration. Je n'ai jamais considéré ces dépenses comme des pertes, mais comme un investissement dans mes compétences et mon avenir professionnel.
Vous avez participé à de nombreux programmes internationaux de coaching, de leadership, de communication, de management et de gouvernance. Comment vivez-vous le fait d'être souvent la seule participante africaine ?
C'est une responsabilité et une fierté. Être parfois la seule africaine dans ces programmes me rappelle que je représente aussi mon continent. Je veux démontrer que l'excellence n'a ni frontière ni origine : elle se construit par le travail, la compétence et la préparation.
Vous êtes présentée comme la première Ivoirienne et l'unique femme africaine à avoir obtenu la Licence PRO CAF. Que représente cette distinction ?
C'est une grande fierté, et je l'accueille avec humilité. Cette licence est le résultat de plusieurs années de formation, de sacrifices et de persévérance. Mais au-delà de mon parcours, j'espère qu'elle encouragera d'autres femmes africaines à viser les plus hauts niveaux du football professionnel.
Certains pensent que l'accès aux responsabilités internationales dépend surtout des relations.
Que leur répondez-vous ?
Je ne suis pas arrivée là par faveur. J'y suis arrivée par le mérite. J'ai postulé aux opportunités, présenté mes diplômes, mes compétences et mon expérience. Je crois que l'excellence ne se revendique pas : elle se prépare, se prouve et se confirme par les résultats.
Que ne voient pas les personnes qui découvrent aujourd'hui vos titres et vos responsabilités ?
Elles ne voient pas toujours les années de préparation, les formations coûteuses, les déplacements, les candidatures et les moments de doute. Un titre est visible, mais les sacrifices qui le précèdent le sont rarement. Chaque responsabilité que j'exerce est le fruit d'un travail constant et d'une volonté de ne jamais abandonner.
Un diplôme suffit-il pour réussir durablement ?
Non. Un diplôme ouvre une porte, mais la formation continue permet de rester compétitif. Les métiers et les exigences évoluent. Il faut donc continuer à apprendre, actualiser ses connaissances et développer de nouvelles compétences. La formation n'est pas une étape : c'est une discipline permanente.
Quel message adressez-vous aux jeunes, en particulier aux jeunes femmes qui souhaitent évoluer dans le football international ?
Investissez en vous-mêmes. Formez-vous, préparez vos dossiers et osez postuler. Ne craignez pas d'entrer dans des environnements où vous êtes la seule personne de votre pays ou de votre continent. Votre savoir, vos compétences et votre travail sont des forces que personne ne peut vous retirer.
Comment résumeriez-vous votre philosophie ?
Le talent peut ouvrir une porte. Mais seules la compétence, la discipline et la persévérance permettent d'y rester.
Quel dernier message souhaitez-vous adresser à celles et ceux qui vous soutiennent ?
À Dieu, toute la gloire. À mes parents, toute ma reconnaissance. Et à toutes les personnes qui croient en moi, merci. Je veux aussi dire à celles et ceux qui pensent que les opportunités internationales sont réservées à quelques privilégiés : travaillez, formez-vous, osez et persévérez. Les portes s'ouvrent lorsque la compétence rencontre le travail et la détermination.
Entretien retranscrit par DOU NICAISE