
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, il invite les acteurs du secteur à voir cette décision comme une opportunité de professionnaliser davantage leur activité plutôt que comme une contrainte. Pour l'artiste, cette licence répond avant tout à une préoccupation ancienne des promoteurs ivoiriens.
"C'est pour protéger donc les promoteurs de spectacle qu'on leur demande d'avoir une licence. C'est important. Si on veut crédibiliser le secteur, celui qui vient de l'extérieur, il ne pourra plus organiser les spectacles à sa guise, s'il n'a pas un Ivoirien qui a sa licence et qui est reconnu comme tel dans le secteur", affirme-t-il.
Noël Dourey rappelle que de nombreux organisateurs venus de l'étranger réalisent des spectacles très lucratifs en Côte d'Ivoire avant de repartir, sans véritable implication d'acteurs locaux. "Les gens viennent de l'extérieur, surtout vers les fêtes de fin d'année... ils viennent organiser des spectacles, les salles sont bourrées, ils prennent l'argent, ils s'en vont", explique-t-il. Selon lui, la réforme permettra désormais d'identifier des promoteurs ivoiriens légalement reconnus pour accompagner ces événements.
L'artiste souligne également que les critères d'obtention de la licence visent à structurer le métier. À ses yeux, un promoteur doit disposer d'une entreprise déclarée, être en règle avec l'administration fiscale, posséder un bureau, employer du personnel et respecter les obligations fixées par l'État. Il estime que cette professionnalisation renforcera la crédibilité de toute la chaîne du spectacle vivant.
Au-delà de la protection des promoteurs, Noël Dourey évoque aussi les enjeux liés à la transparence financière. "Au moment où tout le monde parle du Gafi, du blanchiment, au moins on a un promoteur ivoirien qui a un regard sur la provenance des fonds... on peut éviter donc de l'argent recyclé. Et donc c'est important. Ce n'est pas une réforme qui est contre les opérateurs culturels ivoiriens. Au contraire, c'est une réforme qui les protège", insiste-t-il.
Depuis l'annonce de cette nouvelle réglementation, plusieurs acteurs du secteur dénoncent toutefois le coût de sa mise en œuvre. La réforme prévoit notamment cinq millions de FCFA pour l'obtention de la licence, cinq millions de FCFA de garantie bancaire ainsi que deux millions de FCFA de frais administratifs, des montants jugés élevés par de nombreux promoteurs.
Malgré ces critiques, Noël Dourey encourage les professionnels à se conformer aux exigences de l'État. "J'encourage tous les entrepreneurs de notre secteur à se mettre en règle vis-à-vis de l'État de Côte d'Ivoire, d'abord pour crédibiliser leur activité... Il faut déjà se mettre en règle. C'est important", conclut-il, convaincu que cette réforme contribuera à bâtir une industrie du spectacle plus organisée, plus crédible et mieux protégée.