
Dans un communiqué de presse rendu public ce jeudi 28 mai 2026 depuis Moscou, le Dr Ahoua Don Mello, économiste et spécialiste des questions stratégiques, s’est interrogé sur la réelle part des bénéfices qui reviendra à la Côte d’Ivoire dans l’exploitation de ce gigantesque gisement offshore.
Découvert en septembre 2021 par le groupe italien ENI, le champ Baleine est considéré comme la plus importante découverte pétrolière jamais réalisée dans le bassin sédimentaire ivoirien.
Situé à environ 70 kilomètres des côtes d’Abidjan, ce gisement en eaux profondes représente un potentiel énergétique majeur pour le pays. Après les phases 1 et 2 déjà mises en exploitation respectivement en août 2023 et décembre 2024, la troisième phase vient de franchir une étape décisive avec la Décision finale d’investissement (FID) annoncée le 25 mai 2026.
À terme, la production devrait atteindre 150 000 barils de pétrole par jour ainsi que 200 millions de pieds cubes de gaz naturel d’ici 2027. Ainsi, dans son analyse, Ahoua Don Mello met surtout en lumière l’énorme rentabilité du projet. Selon les chiffres avancés, les réserves extractibles sont estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel, pour une valorisation brute avoisinant 195 milliards de dollars américains sur la base d’un prix moyen de 70 dollars le baril.

Face à cette manne, l’investissement global estimé à 8 milliards de dollars apparaît relativement faible. « Pour chaque dollar investi, la valeur brute potentielle de la ressource est de 24 dollars », souligne-t-il, évoquant ainsi une rentabilité exceptionnelle pour le consortium composé d’ENI, Vitol et SOCAR. Mais au-delà des performances financières, l’ancien ministre s’interroge sur la répartition des revenus.
Selon lui, les partenaires étrangers détiendraient 77,25 % des parts, contre seulement 22,75 % pour la PETROCI. Cela représenterait environ 2,94 milliards de dollars de revenus annuels pour les investisseurs étrangers, contre 866 millions de dollars pour la société nationale ivoirienne. Une différence bien trop importante selon le candidat à la dernière élection présidentielle.
Pour Ahoua Don Mello, cette situation montre que la Côte d’Ivoire doit désormais renforcer sa capacité de négociation afin de mieux tirer profit de ses ressources naturelles. Il propose notamment un passage progressif du Contrat de Partage de Production au Contrat de Service. Un mécanisme qui permettrait à l’État ivoirien de conserver une part plus importante des revenus pétroliers.
L’économiste préconise également la création d’un puissant fonds souverain capable de soutenir financièrement la PETROCI, de garantir les investissements et d’accélérer la montée en compétences techniques nationales.
Ahoua Don Mello estime que le champ Baleine représente une opportunité historique pour la Côte d’Ivoire, à condition que le pays réussisse à transformer cette richesse naturelle en véritable levier de souveraineté économique et énergétique.
