
Ces opérateurs ivoiriens ont relevé le pari de la transformation locale en investissant sur fonds propres dans la construction et le développement d’usines de transformation, contribuant ainsi à l’industrialisation de la filière, à la création de valeur ajoutée et au développement de l’économie nationale.
Dans une lettre en date du 17 juillet 2026, adressée notamment à la Présidence de la République, à la Vice-Présidence, au Premier Ministre Robert Beugré Mambé, au Vice-Premier Ministre, au ministre en charge de l’Industrie, ainsi qu’à la Banque nationale d’investissement (BNI) et au Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA), le GTCI, par la voix de son président Denis Kouadio, a exprimé sa gratitude aux autorités et aux différentes institutions ayant contribué à la mise en place de ce dispositif innovant permettant de financer l’approvisionnement en noix brutes ainsi que les coûts de transformation supportés par les transformateurs nationaux.
Le groupement a particulièrement salué ce soutien apporté aux opérateurs ivoiriens confrontés aux enjeux liés à l’achat de noix brutes, aux rendements de transformation et, surtout, à la nécessité de disposer de lignes de financement importantes pour acquérir, sur une courte période correspondant à la campagne de commercialisation, les volumes de noix brutes nécessaires au fonctionnement de leurs usines et couvrir leurs besoins de transformation sur l’ensemble de l’année.
Pour le GTCI, cette convention tripartite constitue une avancée majeure pour la filière. Elle doit permettre de renforcer la transformation locale, de sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles et de faciliter leur accès au financement.
Concrètement, le dispositif prévoit que le CCA garantisse, en début de saison, la mise à disposition des transformateurs nationaux de noix brutes correspondant à 20 % de leurs besoins. La BNI doit, quant à elle, assurer le financement des 80 % restants, ainsi que les besoins en fonds de roulement nécessaires aux opérations industrielles et d’exportation.
Le président du GTCI a également salué la contribution des différents acteurs impliqués dans l’aboutissement de ce projet, notamment le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, le Directeur général du CCA, Mamadou Berté, le Directeur général de la BNI, Youssouf Fadika, ainsi que le Directeur général adjoint de la BNI, Jérôme Ahua. Leur implication a contribué à la mise en place de ce mécanisme de financement innovant et structurant destiné à soutenir durablement les investisseurs nationaux.
Le succès de ce programme innovant, conçu pour accompagner l’émergence et le développement de champions nationaux dans la transformation locale du cajou, ouvre désormais de nouvelles perspectives. Son adaptation au secteur de la transformation du cacao est actuellement à l’étude, avec l’ambition de faire bénéficier les transformateurs nationaux de cette filière d’un mécanisme de financement similaire.
Premier producteur mondial de noix brutes de cajou, avec une production annuelle estimée à environ 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de 37 unités de transformation, représentant une capacité installée de plus de 830 000 tonnes. Avec un taux de transformation locale de 43 %, la Côte d’Ivoire occupe également la deuxième place parmi les exportateurs d’amandes de cajou et 3e transformateur mondial selon les données consolidées de l’ITC de 2025.
Après avoir relevé le défi de l’accroissement de sa production de noix brutes, le pays entend désormais accélérer celui de la transformation locale, afin de conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire, de renforcer son tissu industriel et de créer davantage d’emplois.
Yacouba DOUMBIA