
Bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire qui dispose désormais de sa première centrale électrique alimentée par ses propres résidus agricoles. D’une capacité installée de 46 MW, cette infrastructure est, à en croire le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, la plus importante centrale d’Afrique de l’Ouest fonctionnant exclusivement à partir de résidus agricoles. Elle injectera chaque année près de 336 GWh d’électricité dans le réseau national, soit l’équivalent des besoins de près de 1,7 million de personnes. Fruit d’un investissement de plus de 150 milliards F CFA mobilisés par EDF, Meridiam et le Groupe SIFCA, avec l’appui financier de Proparco et de l’Emerging Africa Infrastructure Fund, Biovea a été construite par China Energy Engineering Corporation (CEEC).

Lors de la cérémonie de mise en service officielle de la centrale à biomasse, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kaba Nialé, a salué une « réalisation majeure, qui illustre concrètement la volonté du Gouvernement de faire de l’énergie un levier de la transformation économique et sociale de notre pays ». Elle a en outre indiqué que la construction de cette centrale s’inscrit dans la dynamique impulsée depuis 2011 par le président de la République, Alassane Ouattara.
Elle s’est également réjouie que depuis 2011, le taux d’accès à l’électricité est passé de 33,1% à plus de 99% aujourd’hui. « Après le barrage hydroélectrique de Soubré, les centrales d’Azito et de CIPREL, puis les centrales solaires de Boundiali et de Ferké-Sokoro, la Côte d’Ivoire franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec la mise en service de sa première centrale à biomasse », a-t-elle relevé, indiquant que grâce à la construction de cette centrale à biomasse, plus de 12 000 planteurs verront leurs revenus augmenter grâce à la valorisation de leurs résidus, et plus de 1 000 emplois directs et indirects pérennes seront créés. « C’est une énergie produite à partir de ressources ivoiriennes, au bénéfice des populations ivoiriennes », a-t-elle fait savoir. La ministre d’Etat a également invité les dirigeants de la centrale à garantir « une rémunération juste et transparente des producteurs » et les populations à s’approprier cette infrastructure, « patrimoine économique et industriel » destiné aux générations présentes et futures.
Le ministre des Mines, de l’Energie et du Pétrole, Mamadou Sangafowa, a pour sa part salué « l’aboutissement d’un projet structurant qui traduit la volonté de notre pays de diversifier durablement les sources de production d’électricité », non sans réaffirmer l’ambition de la Côte d’Ivoire à faire « des ressources agricoles un levier supplémentaire de production d’électricité et de développement d’une économie circulaire ».
Pour lui, en valorisant près de 450 000 tonnes de résidus issus du palmier à huile, fournis notamment par PALMCI et les producteurs locaux, la centrale « donne une nouvelle dimension à la relation entre les secteurs de l’agriculture et celui de l’énergie ». Aussi, a-t-il indiqué que la centrale viendra soutenir le programme d’investissement urgent engagé par le Gouvernement dans la production, le transport et la distribution. Avant d’annoncer la construction de deux autres centrales, « l’une à base de résidus de cacao à Divo et l’autre à base de tige de coton à Boundiali ».