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Ouganda : Le pays s’embrase après les urnes

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Au lendemain du scrutin présidentiel, l’Ouganda s’enfonce dans une spirale de violences. Les rues de Kampala et de plusieurs districts ont été le théâtre d’affrontements meurtriers entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre.

Selon la police, au moins 12 personnes ont perdu la vie, des dizaines d’autres ont été blessées. Dans le district de Butambala, bastion de l’opposant Muwanga Kivumbi, sept personnes soupçonnées de soutenir son camp ont été abattues. À la capitale, des barricades ont été dressées, des routes incendiées, et les forces de sécurité ont répliqué par des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogènes. Un bureau du parti présidentiel a même été réduit en cendres, tandis que des heurts sanglants ont éclaté dans Luweero et Kalungu.

Bobi Wine, l’opposant introuvable, au cœur de cette crise, le sort de Bobi Wine, chanteur devenu figure politique, reste mystérieux. Son parti affirme qu’il aurait été emmené de force par l’armée, mais les autorités démentent. La police assure que sa résidence est « sécurisée », tandis que l’opposant évoque une assignation à résidence, des coupures d’électricité et la confiscation de son téléphone. Dans un message, il a déclaré avoir pu s’échapper, laissant sa famille bloquée à l’intérieur.

Des accusations qui enflamment la rue, Kivumbi accuse l’armée d’avoir mené un raid meurtrier dans sa maison, tuant dix de ses partisans. Sa femme décrit une attaque brutale, des tirs dirigés contre le garage où les militants s’étaient réfugiés. La police, elle, parle de tentatives de prise d’assaut de centres de dépouillement. Alors que la commission électorale crédite le président sortant Yoweri Museveni de 72 % des voix contre 24 % pour Bobi Wine, l’opposition dénonce un « bourrage massif des urnes ». Internet reste coupé depuis plusieurs jours, plus de 400 militants ont été arrêtés, et les ONG pointent un climat de répression.

Par ailleurs, malgré la présence d’observateurs africains et russes, la transparence du scrutin est remise en cause. L’armée, elle, continue de quadriller le pays, promettant de « garantir la stabilité » dans l’attente des résultats finaux.