
Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale, plusieurs pays occidentaux ayant déjà amorcé des réflexions similaires. Dimanche soir, la Chambre des représentants a annoncé dans un communiqué qu’elle travaillait sur une législation destinée à encadrer l’usage des plateformes numériques par les plus jeunes. L’objectif affiché est clair : « protéger les enfants égyptiens contre tout risque menaçant leurs pensées et leur comportement » et préserver leur avenir. Pour ce faire, les parlementaires consulteront le gouvernement ainsi que des organismes spécialisés afin de rédiger un texte adapté.
Cette démarche fait directement suite à l’appel lancé samedi par le président Abdel-Fattah el-Sissi. Celui-ci a exhorté son gouvernement et les législateurs à envisager une loi restreignant l’accès des enfants aux réseaux sociaux « jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge où ils peuvent les utiliser de manière appropriée ».
Par ailleurs, le chef de l’État a invité ses équipes à s’inspirer des expériences étrangères. L’Australie, par exemple, a interdit en décembre dernier l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, devenant ainsi le premier pays à franchir ce cap. Cette décision a suscité de vifs débats autour de la vie privée, de la sécurité des enfants et de la santé mentale, tout en incitant d’autres nations à réfléchir à des mesures similaires.
De son côté, le Royaume-Uni envisage également de renforcer sa législation afin de protéger les jeunes contre les contenus préjudiciables et le temps d’écran excessif. Quant à la France, Emmanuel Macron a récemment pressé son gouvernement d’accélérer le processus législatif pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée scolaire de septembre.
Enfin, un rapport publié en 2024 par le Centre national de recherche sociale et criminologique, organisme lié au gouvernement égyptien, souligne l’urgence de la situation, près de 50 % des enfants de moins de 18 ans utilisent les réseaux sociaux, s’exposant ainsi à des contenus nocifs, au cyberharcèlement et à divers abus.
Ainsi, l’Égypte semble prête à rejoindre le mouvement international visant à encadrer l’usage des réseaux sociaux par les mineurs. Reste à savoir quelle forme prendra la future législation et comment elle sera appliquée dans un pays où la jeunesse représente une part importante de la population.