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Soudan du Sud : Une loi sur la cybersécurité fait trembler la liberté de la presse

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Alors que les conflits armés continuent de fragiliser certaines régions du Soudan du Sud, une nouvelle loi sur la cybersécurité, signée cette semaine, suscite de vives réactions.

Si certains y voient un outil nécessaire pour protéger les citoyens des dérives en ligne, d’autres redoutent qu’elle ne devienne une arme contre la liberté d’expression. Concrètement, la législation prévoit que toute information diffusée « dans l’intention de diffamer, menacer, insulter, tromper ou induire en erreur » puisse entraîner une peine allant jusqu’à cinq ans de prison. De plus, la criminalisation de toute communication jugée « nuisible, abusive ou inappropriée » est désormais en vigueur. Ainsi, si les autorités affirment que la loi « vise les abus, et non le journalisme », de nombreux professionnels des médias craignent qu’elle ne serve à museler les enquêtes sensibles.

En effet, selon le journaliste Morris Doga, « de tels reportages pourraient facilement être interprétés comme la diffusion de fausses informations ». Dans le même esprit, plusieurs confrères rappellent que cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une réforme adoptée en 2024, laquelle avait déjà renforcé les pouvoirs du Service national de la sûreté, au détriment de la liberté d’expression et d’association.

Par conséquent, si le gouvernement insiste sur la nécessité de distinguer critique légitime et insultes personnelles, les journalistes redoutent que cette frontière devienne floue. En définitive, la loi sur la cybersécurité apparaît comme un nouvel épisode d’un bras de fer entre autorités et médias, où la protection des citoyens risque de se transformer en restriction des libertés fondamentales.