
« Si quelqu’un essaie, nos forces mettront le feu à ces navires », a déclaré Ebrahim Jabari, conseiller du commandant en chef du CGRI, cité par les médias d’État. Cette déclaration intervient dans un contexte explosif. En effet, Téhéran a intensifié ses représailles après la campagne de bombardements israélo-américaine lancée samedi, qui a coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei ainsi qu’à plusieurs hauts responsables iraniens. Dans ce climat de vengeance, Jabari a promis d’attaquer également les oléoducs afin de paralyser les exportations de pétrole. Selon lui, « le prix du baril atteindra 200 dollars dans les prochains jours ».
Or, le détroit d’Ormuz est une artère vitale : près de 20 % du pétrole mondial y transite. Toute perturbation dans cette zone stratégique se traduit mécaniquement par une flambée des prix et alimente la crainte d’une escalade régionale. De fait, les marchés ont réagi immédiatement. Lundi matin, les cours de l’énergie ont bondi, accentués par les attaques contre les infrastructures iraniennes et les blocages du trafic maritime. Le gaz naturel a connu la hausse la plus spectaculaire : +50 % en Europe et +40 % en Asie, après que QatarEnergy a suspendu sa production de GNL à la suite d’une attaque contre ses installations.
Parallèlement, l’Arabie saoudite a rapporté une attaque de drones contre sa raffinerie de Ras Tanura, l’une des plus importantes du pays. Les défenses aériennes ont intercepté les appareils, mais l’incident souligne la vulnérabilité des infrastructures énergétiques régionales. Face à cette spirale, Washington tente de rassurer. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé que des mesures seraient mises en œuvre dès mardi pour contenir la flambée des prix. « Nous avions anticipé que cela pourrait poser problème », a-t-il déclaré, sans préciser la nature de ces dispositifs.
Ainsi, la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz ne constitue pas seulement une menace militaire : elle représente un choc économique mondial. Entre attaques ciblées, flambée des cours et riposte américaine, la crise énergétique s’installe au cœur d’un conflit dont les répercussions dépassent largement les frontières de la région.