
D’abord, cette tournée s’inscrit dans la continuité de son premier déplacement au Nigeria, symbole d’une volonté d’ancrer le Bénin dans une dynamique de coopération régionale. Ensuite, elle doit le conduire vers d’autres capitales stratégiques telles que Lomé, Abidjan et Accra, confirmant une approche globale de la sous-région.
Par ailleurs, les étapes au Niger et au Burkina Faso revêtent une importance particulière. En effet, les relations bilatérales ont été fragilisées par les changements de régime à Niamey en juillet 2023 et à Ouagadougou en septembre 2022. Ainsi, la rencontre prévue avec le général Abdourahamane Tiani, chef du CNSP, marque une première depuis le renversement de Mohamed Bazoum. De même, l’entretien avec le capitaine Ibrahim Traoré devrait aborder des dossiers sensibles, notamment la sécurité et le différend territorial de Kourou-Koalou, actuellement soumis à la Cour internationale de Justice.
Cependant, les obstacles demeurent. La fermeture de la frontière nigéro-béninoise continue de peser sur les échanges commerciaux et la circulation des personnes. De plus, les accusations récurrentes des autorités nigériennes et burkinabè concernant la présence d’installations militaires étrangères au Bénin compliquent davantage le climat de confiance.
Toutefois, cette tournée intervient quelques jours seulement après l’investiture de Wadagni, à laquelle les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) avaient été conviés. Elle apparaît donc comme une main tendue, une tentative de dialogue direct pour relancer la coopération régionale et réduire les tensions.
En définitive, selon plusieurs observateurs diplomatiques, cette démarche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles concertations. Certes, le règlement des contentieux exigera des discussions prolongées, mais la volonté affichée du président béninois de rétablir des ponts avec ses voisins constitue déjà un signal fort.