
La Chine vient de recevoir une première cargaison entièrement issue de ce gisement en Guinée. Un minerai désormais prêt à alimenter directement son industrie de fer. Plus qu’une livraison, c’est le passage d’un projet longtemps théorique à une réalité industrielle à grande échelle. Le navire RTM Cartier a accosté le mercredi 25 mars 2026 à Dalian, en Chine, avec plus de 200 000 tonnes de minerai à haute teneur. Cette cargaison est très symbolique. Pour la première fois, le minerai expédié provient exclusivement de SimFer, la coentreprise qui exploite une partie de Simandou, réunissant l'État guinéen, Rio Tinto et des partenaires chinois.
En janvier, une première livraison avait bien atteint la Chine, mais elle relevait encore d'une phase de rodage, avec des cargaisons mélangées et une chaîne logistique encore incomplète. Cette fois, le flux a été homogène, traçable, et surtout pleinement intégré, de la mine guinéenne jusqu'aux installations portuaires chinoises.
Autre étape clé : le minerai est désormais traité dès son arrivée à Dalian, via une unité de concassage dédiée. D’après RFI, l'objectif est de garantir une qualité constante, d'optimiser le transport et de répondre directement aux besoins des sidérurgistes.
Au-delà du symbole, l'enjeu est stratégique. Pour la Chine, il s'agit de sécuriser des approvisionnements en minerai de haute qualité et de diversifier ses sources face à la domination australienne. Pour la Guinée, c'est l'entrée dans le cercle des grands exportateurs. Après 20 ans d'attente, Simandou commence ainsi à s'imposer comme un futur pilier du marché mondial du fer.
Bema Bakayoko