
Une décision qui suit la ligne dure de Donald Trump, de retour au pouvoir depuis janvier 2025, et qui rompt clairement avec l’approche de son prédécesseur, Joe Biden. Concrètement, le ministère précise qu’il remet en place le protocole d’injection létale utilisé sous le premier mandat de Trump, et qu’il l’étend à d’autres méthodes d’exécution. L’objectif officiel est de simplifier les procédures internes pour accélérer le traitement des dossiers de peine capitale. En clair, les exécutions pourront reprendre dès que les condamnés auront épuisé tous leurs recours.
Cette orientation politique montre bien la volonté de Trump d’en durcir contre la criminalité. Dès son retour à la Maison-Blanche, il avait promis de s’attaquer « vigoureusement » aux « violeurs, meurtriers et monstres violents » en appliquant la peine de mort. Le fait d’autoriser explicitement les pelotons d’exécution est une première dans l’histoire du pays, même si une réglementation de 2020 permettait déjà d’utiliser toute méthode légale dans l’État où la sentence avait été prononcée.
Pour rappel, sous Biden, les exécutions fédérales avaient été suspendues et, en décembre 2024, 37 condamnés à mort avaient vu leur peine commuée en prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Ce geste humanitaire avait réduit à trois le nombre de prisonniers fédéraux encore sous le coup d’une condamnation à mort. Côté opinion publique, le pays reste très divisé. Un sondage Gallup de fin 2025 montre que 52 % des Américains sont favorables à la peine de mort, contre 80 % en 1994. Et surtout, une proportion historiquement faible estime qu’elle est appliquée de façon équitable. Bref, la légitimité de la peine capitale est de plus en plus remise en question.
À l’international, les États-Unis font figure d’exception. Ils sont le seul pays des Amériques à pratiquer encore activement des exécutions, alors que plus des deux tiers des pays dans le monde ont aboli la peine de mort, en droit ou en pratique. La Russie, par exemple, l’a toujours dans son code pénal, mais observe un moratoire depuis 1996 – même si l’opinion publique y est de plus en plus favorable à son retour.