
L’annonce a été faite vendredi 1er mai au soir par le procureur de la République près le Tribunal militaire de Bamako, dans un communiqué officiel. Ces arrestations surviennent dans un contexte particulièrement tendu. En effet, les assauts menés simultanément par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et par les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont visé plusieurs cibles stratégiques. À Kidal, notamment, les groupes armés ont repris le contrôle de la ville, tandis qu’à Kati, près de Bamako, cœur du pouvoir militaire, l’attaque a coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara.
Selon le procureur, il est désormais établi que certains militaires, qu’ils soient encore en service, radiés ou en instance de radiation, ont participé à la planification, à la coordination et à l’exécution de ces attaques. Cinq noms ont été cités, dont celui d’un soldat tué lors des combats.
Par ailleurs, le communiqué mentionne la présence d’un ancien acteur du coup d’État de 2012 parmi les suspects, ce qui ravive de douloureux souvenirs dans la mémoire collective. Des hommes politiques maliens seraient également impliqués, ce qui élargit encore le spectre des responsabilités.
Officiellement, quatre militaires ont été arrêtés. Toutefois, selon des informations recueillies par RFI, six autres personnes ont été interpellées le 2 mai et une vingtaine d’autres sont activement recherchées. L’enquête, encore en cours, pourrait donc révéler de nouvelles ramifications dans les jours à venir.