
Dès l’aube, les foules se sont relayées dans la vallée de Mina, à quelques kilomètres de La Mecque. Là, les croyants jettent des cailloux sur des stèles en béton symbolisant le diable. Ce geste, hautement symbolique, reproduit l’acte d’Abraham qui, selon la tradition, avait repoussé Satan aux trois endroits où celui-ci tenta de le détourner de l’ordre divin : sacrifier son fils Ismaël.
Or, cette année, le rituel prend une dimension particulière. En effet, plus de 1,7 million de pèlerins ont participé au hajj, malgré un contexte régional marqué par la guerre au Moyen-Orient. Déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l’Iran, celle-ci a entraîné des ripostes de Téhéran visant des bases militaires et des infrastructures énergétiques dans le Golfe, notamment en Arabie saoudite. Certes, un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril. Toutefois, les négociations pour mettre fin au conflit semblent piétiner, laissant planer une incertitude sur la stabilité régionale.
Par ailleurs, le hajj se déroule sous une chaleur écrasante. Mardi, les fidèles ont prié sur le mont Arafat, étape phare du pèlerinage, sous des températures avoisinant les 45 degrés. Ensuite, ils ont passé la nuit à la belle étoile à Mouzdalifah, où ils ont ramassé les cailloux nécessaires à la lapidation.
Enfin, après avoir accompli ce rituel, les pèlerins retourneront à La Mecque pour effectuer un dernier tour de la Kaaba, appelé tawaf, marquant ainsi la conclusion du grand pèlerinage.