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Mali : Un agent de la DGSE condamné à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l’État

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Le lieutenant-colonel français Yann Vézilier vient d’écoper de 20 ans de réclusion criminelle au Mali. En plus de ça, il a pris 20 ans d’interdiction de séjour dans le pays et une amende de 3,6 millions de francs CFA.

Cet agent de la DGSE avait été arrêté à Bamako en août 2025, en même temps que plusieurs militaires maliens, tous accusés de vouloir « déstabiliser les institutions de la République ». Le verdict a été rendu par un tribunal de Bamako le 5 juin, selon plusieurs sources maliennes. Il devra aussi verser un franc symbolique à l’État malien et payer les frais de procédure.

D’après le procureur général, cité par le journal *Bamako Matin*, Yann Vézilier aurait participé à ce qu’on appelle une « entreprise mafieuse ». Il aurait eu des contacts avec des civils et des militaires dans le but de nuire au gouvernement d’Assimi Goita. Cet officier de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui était aussi deuxième secrétaire à l’ambassade de France, avait été interpellé à la mi-août 2025 dans la capitale malienne.

Son arrestation, ainsi que celle de quelques « éléments marginaux » des forces de sécurité maliennes, avait été annoncée à la télévision par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine. Il avait parlé d’une « conspiration » visant à « déstabiliser les institutions de la République », et affirmé qu’elle avait été « mise en échec ». À l’époque, le Quai d’Orsay avait jugé ces accusations « sans fondement ». Et après le verdict, la France a réitéré son démenti. « Notre agent effectuait une mission de coopération en matière de sécurité et ne participait en aucune forme, directement ou indirectement, à une déstabilisation du Mali », a déclaré la diplomatie française, citée par Reuters.

Les relations entre la France et le Mali sont au plus bas depuis 2021, après le renversement du président Bah N’Daw, que Paris n’a jamais vraiment accepté. Forcée de quitter cette ancienne colonie, une éviction mal digérée, la France est aujourd’hui accusée de s’être tournée vers les rebelles touaregs de l’Azawad. Ceux-ci se sont alliés aux djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la branche sahélienne d’Al-Qaida, eux-mêmes soutenus par Kiev.