
Ousmane Sonko a donc été reconduit à la présidence des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef) lors du congrès du parti au pouvoir. Ça se passe dans un climat politique assez crispé, avec des tensions grandissantes entre lui et Bassirou Diomaye Faye, son allié de toujours avec qui il a porté l'alternance en 2024.
Dans un discours diffusé par le Pastef, l'actuel président de l'Assemblée nationale a présenté ce congrès comme un moment clé pour garder l'esprit du changement que son mouvement incarne. « Les révolutions peuvent être détournées, récupérées ou vidées de leur sens si elles n'ont pas une doctrine claire et une organisation solide pour assurer la continuité du changement », a-t-il lancé, qualifiant cette rencontre d’« historique », deux ans après que le Pastef a pris les rênes du pays. Les tensions entre les deux hommes sont devenues publiques en juillet 2025, quand Sonko a parlé d'un « problème d'autorité » dans le pays. En mai dernier, Bassirou Diomaye Faye a répondu en appelant à « dépersonnaliser » le parti, une allusion qui a été vue comme une critique de l'influence de Sonko sur le Pastef.
Les désaccords portent aussi sur la stratégie économique face à la dette du Sénégal. Le président est plutôt ouvert à discuter avec le FMI pour un nouveau programme d'aide, tandis que Sonko préfère une approche plus souveraine. Devant ses militants, le président de l'Assemblée nationale a assuré que la « révolution » du Pastef était menacée par des « ingérences extérieures » et a promis de bloquer toute tentative de remettre en cause le projet politique du mouvement. « Personne ne fera échouer cette révolution », a-t-il affirmé, estimant que le peuple sénégalais et les militants du Pastef sont les meilleurs garants pour « libérer définitivement » le pays.