
Pourtant, le parti avait annoncé qu'il ne participerait pas à l'équipe gouvernementale, évoquant des « points de désaccord », rapportent des médias internationaux. Ces mêmes sources précisent que cinq ministres issus du Pastef restent en poste, dont le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé. Ils n'ont pas suivi la consigne de leur parti, pas plus que plusieurs figures politiques alliées au Pastef et membres de la coalition d'Ousmane Sonko. Parmi eux, le ministre de l'Éducation nationale Moustapha Guirassy et Déthié Fall, chargé des Infrastructures.
Cette annonce survient une dizaine de jours après le limogeage d'Ousmane Sonko, qui est depuis devenu président de l'Assemblée nationale. Le gouvernement du nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a été annoncé lundi soir. Il compte 30 ministres et aucun poids lourd du Pastef – même si le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, est lui-même membre de ce parti.
Selon Ansoumana Sambou, membre du Comité exécutif du Pastef, les désaccords portent notamment sur la répartition des ministères, la gestion de la dette et la reddition des comptes, jugée « pas assez ferme », ainsi que sur la volonté de faire la lumière sur des assassinats politiques. Pour lui, on se dirige vers une cohabitation.
Un autre membre du Comité exécutif affirme qu'aucune décision n'a encore été prise concernant une éventuelle exclusion des cinq ministres, même s'ils ont déjà été retirés des boucles WhatsApp du parti. Plusieurs membres de leurs cabinets ont démissionné mardi 2 juin au matin. Le Pastef tiendra son congrès samedi 6 juin 2026 dans ce contexte.
Ce nouveau gouvernement confirme la fracture au sommet de l'exécutif sénégalais entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, nouveau président de l'Assemblée nationale et chef du Pastef. Les poids lourds du parti et les proches de Sonko ont quitté des ministères clés comme l'Intérieur, la Justice ou les Affaires étrangères. En retour, on assiste au retour en force des technocrates et des alliés de la coalition de Bassirou Diomaye Faye.
Parmi les technocrates, Cheikh Diba, ancien inspecteur des impôts, reste ministre des Finances. Il suit le dossier de la dette sénégalaise depuis des mois et voit ses prérogatives élargies avec le portefeuille de l'Économie. Côté fidèles, El Hadji Abdourahmane Diouf, qui a pris parti pour le président dans son conflit avec Ousmane Sonko, devient ministre de l'Énergie et du pétrole. Pour rappel le Pastef détient 130 sièges sur 165 au Parlement.