
Téhéran a d’ailleurs lancé des missiles sur l’État hébreu en représailles aux bombardements israéliens contre le Hezbollah au sud du Liban dans la nuit du dimanche à lundi. Et le mardi 9 juin, c’était autour du président Donald Trump de menacer l’Iran de représailles après que Téhéran a abattu un hélicoptère Apache américain au-dessus du détroit d’Ormuz.
Et pourtant, selon les dires du président américain, les deux pilotes étaient sains et saufs, sécurisés au sein de la base américaine. En dépit de tout, Donald Trump est passé à l’action comme il l’avait annoncé, à savoir des bombardements contre l’Iran.
Œil pour œil, dent pour dent
L’armee américaine sur ordre de Donald Trump comme réaction à la destruction de l’hélicoptère a visé des cibles iraniennes le long du détroit d’Ormuz. Téhéran réagissant à son tour a bombardé des bases militaires américaines installées en Arabie Saoudite, au Bahreïn. La région est de nouveau dans une situation d’embrasement. Puisque pendant ce temps, Benjamin Netanyahou continue ses bombardements contre le hezbollah dans le sud du Liban. Finalement on ne sait qui croire dans la volonté de recherche de paix au Moyen-Orient. A part l’Israël qui refuse toute option de paix, en poursuivant sa colonisation contre la bande de Gaza, de deux en bombardant régulièrement le sud du Liban ou opère le Hezbollah, la branche armée du régime des Mollahs en Iran qui refuse également toute négociation avec Tel Aviv, tous les autres jouent à la politique de l’autruche.
Le Liban, une victime collatérale, exprime désormais son ras le bol. Son ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d’une audition récemment à l’Assemblée nationale française, a été sans détours. Les « négociations directes » entre le gouvernement libanais et Israël sont « la seule voie » pour rétablir la paix au Liban. Youssef Raggi entendu par la Commission des Affaires étrangères accuse : « le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes ». « Mais pour l'État libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité », a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait « prouvé son inefficacité ». « La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban », a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien. « Au contraire, ça nous a précipités dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne) ». Il a en outre jugé « absurde » l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre « le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne » puisque Israël a assuré n'avoir « aucune ambition territoriale sur le Liban ».
Un processus à mal
L'Iran pour signer un accord avec les États-Unis pose une condition. Celle de l'arrêt définitif des hostilités au Liban et a même laissé entendre qu'il pourrait rompre la trêve pour intervenir en soutien au Hezbollah, ce qu’il a fait le lundi dernier . Donald Trump pour sa part a estimé mercredi que les Iraniens avaient « mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux », ajoutant qu'ils allaient « devoir en payer le prix », dans un message sur son réseau Truth social. Le ministère iranien des Affaires étrangères comme une réponse du berger à la bergère a estimé à son tour mercredi que les États-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.
« Malheureusement, les États-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessezle-feu », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. « Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain », a-t-il ajouté. Dans cette mise à mal du processus de paix au Moyen-Orient chacun y va de sa version. Le jour, on fait semblant de négocier et la nuit, on se bombarde. Tout ceci, sans que l’Organisation des Nations Unies ne daigne donner de la voix, qui serait d’ailleurs inaudible aux oreilles de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou qui dictent leur volonté au monde.