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Serbie : Le chef de l'État Aleksandar Vučić démissionne de la présidence pour briguer le poste premier ministre

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Le chef de l'État de la Serbie , Aleksandar Vučić a démissionné sept mois avant la fin de son mandat. Son objectif , devenir Premier ministre, alors que la rue gronde depuis bientôt deux ans.

Il ne pouvait pas rester, alors il change de fauteuil. Le dimanche 27 septembre 2026, Aleksandar Vučić a claqué la porte de la présidence serbe, sept mois avant la fin de son second mandat. Sa cible , le poste de Premier ministre, qu'il espère décrocher lors des législatives anticipées du 25 octobre. La Constitution lui interdit un troisième mandat présidentiel. Élu à la tête de l'État en 2017, après avoir dirigé le gouvernement dès 2014, l'homme fort de Belgrade a donc choisi de retourner là où tout a commencé. Le calcul est simple : en Serbie, le Premier ministre détient formellement plus de pouvoirs exécutifs que le président. Selon des médias internationaux, cette manœuvre vise surtout à préserver son influence après son départ du Palais présidentiel, lui qui a pesé de tout son poids sur la vie politique du pays. Brnabić aux commandes, une présidentielle à organiser.

Dès lundi, la présidente de l'Assemblée nationale, Ana Brnabić, a pris les rênes du pays par intérim. Elle les gardera jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'État, prévue dans un délai maximal de trois mois. Le scrutin devra se tenir entre 30 et 60 jours après sa convocation. Pendant ce temps, Aleksandar Vučić prépare la bataille des législatives. Il conduira la liste du Parti progressiste serbe (SNS), scrutin dont il avait annoncé la convocation début septembre, dans un climat déjà très tendu. Juste avant de partir, le président sortant a gracié 49 personnes, dont certaines impliquées dans les manifestations, selon plusieurs médias. Un geste qui n'est pas passé inaperçu, à quelques semaines d'un scrutin à haut risque.
Car la Serbie vit sous tension depuis près de deux ans. Tout est parti du 1er novembre 2024, quand la toiture de la gare de Novi Sad s'est effondrée, faisant 16 morts. Depuis, un vaste mouvement étudiant réclame que les responsabilités soient établies. Il dénonce aussi la corruption et le manque de transparence dans la gestion publique.

C'est dans ce contexte explosif que les Serbes iront aux urnes le 25 octobre. Après presque deux ans de mobilisation, le scrutin s'annonce comme un nouveau rendez-vous décisif d'une crise politique qui n'en finit pas.