
Dans une déclaration rendue publique, il explique son geste par un souci d'apaisement. En fait, les consultations informelles laissaient déjà entrevoir une préférence pour un candidat venu d'Amérique latine et des Caraïbes, voire pour une femme. Mieux valait, selon lui, ouvrir la voie à une candidature de consensus.
Le scrutin de vendredi a pourtant été sans appel : cinq avis favorables contre dix défavorables, dont trois émanant de membres permanents du Conseil. Il faut dire que le rapport de force était vite devenu limpide. La Costaricienne Rebeca Grynspan s'est hissée en tête avec neuf avis favorables, devant, notamment, l'Argentin Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), selon les résultats relayés par des médias internationaux. « J'ai décidé de retirer ma candidature audit poste », a écrit Macky Sall, invoquant un « profond sens des responsabilités » et l'envie de peser, à sa manière, sur la recherche d'un compromis au sein du Conseil de sécurité.
Il ne s'est d'ailleurs pas décidé seul. Il dit avoir pris conseil auprès du président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine (UA), dont la candidature portait le parrainage, ainsi qu'auprès du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à la tête de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui l'avait soutenue.
Le retrait ne signe pas pour autant un adieu à la scène internationale. Macky Sall a réaffirmé son attachement à la paix, à la sécurité, au développement et à la coopération entre les nations. Il a surtout plaidé pour une refonte profonde du fonctionnement de l'ONU, à l'heure où les conflits se multiplient, où les rivalités géopolitiques s'enveniment et où les caisses de l'organisation peinent à suivre.
Son message s'adresse aussi à l'Afrique, qu'elle continue de hausser le ton pour se faire entendre et qu'elle gagne enfin la place qui lui revient dans la gouvernance mondiale.
Rappelons, pour mémoire, que le secrétaire général est nommé par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. Le chemin est balisé, consultations, puis votes indicatifs entre les membres de cette instance, avant le choix final.