
La bataille pour la sécurisation et le contrôle de l’héritage musical de DJ Arafat vient de passer des simples faits de dénonciation et de mise en garde à une affaire juridique. Alors que plusieurs mises en demeure et autres mises en garde du Conseil juridique de DJ Arafat avaient occupé l’actualité à un moment, son éditeur, lui, vient de franchir un autre cap. En saisissant la justice ivoirienne à travers le Pôle pénal économique et financier aux fins de se voir payer des droits évalués à plus de 400 millions F CFA.
Editeur légal de DJ Arafat, Christy B a confié à Lavenir.ci ce mercredi 12 août 2026 au cours d’un entretien téléphonique avoir saisi le Pôle pénal économique et financier. « L’affaire est en justice. J’ai saisi le pôle pénal en ma qualité d’éditeur de DJ Arafat », a-t-il confié déplorant que « les œuvres de DJ Arafat sortent sans autorisation ». Pis, accuse-t-il, « David Monsoh se déclare producteur des œuvres de DJ Arafat ».
A en croire Christy B, il détient « les contrats de DJ Arafat depuis 2014 jusqu’à sa mort ». Mais, contre toute attente, déplore-t-il, « 15 ans après, David Monsoh se déclare producteur d’Arafat ». C’est pourquoi, justifie-t-il avoir saisi la justice pour voir les contrats détenus par celui-ci. « Je veux voir les contrats de David Monsoh et je suis obligé de saisir la justice », argumente-t-il.
Christy B dit avoir pris pour conseil le cabinet de Me Alain Bokola par ailleurs avocat de DJ Arafat. Pour lui, la perte en termes de droit est énorme. « C’est une affaire de plus de 400 millions F CFA après mon enquête et cela représente une grosse perte à la fois pour la famille que pour les ayants-droits ».
L’affaire, à en croire des sources interrogées par Lavenir.ci est en instruction. Des proches de DJ Arafat auraient déjà été contactés par l’institution. Contactées, les autres parties impliquées n'ont pour l'heure pas encore réagi.
A propos de l’utilisation des œuvres de DJ Arafat par des artistes comme Didi B et Himra, Christy B s’est réjoui de la bonne collaboration de ces derniers. « Dans le cas de Didi B et Himra, les droits sont versés », a-t-il relevé, précisant que depuis qu’il est l’éditeur du ‘’Président de la Chine’’, « aucune chanson ne peut être reprise sans autorisation préalable ou déclaration dans les maisons de gestion collective de droit d’auteur ». Pour lui, « aujourd’hui, tout est suivi que ce soit au BURIDA comme à la SACEM ».
Et le patron de Christy Record d’assurer que contrairement aux rumeurs, « les gens peuvent utiliser les œuvres d’Arafat mais à la seule condition qu’ils les déclarent ». Et de préciser que désormais, il exigera en amont des droits de master pour que « DJ Arafat puisse avoir des pourcentages sur les masters ». C’est ainsi, précise-t-il que les ayants-droits bénéficieront véritablement des œuvres de DJ Arafat. « C’est mon combat », prévient-il.
Christy B s’est également réjoui de son travail d’éditeur des œuvres de DJ Arafat. Il dit avoir mené d’intenses combats avec des majors pour « récupérer pas mal de masters sur les œuvres d’Arafat ». Toute chose selon lui qui fait qu’il est aujourd’hui « un éditeur respecté par le monde de l’industrie ». Et sept ans après la mort de DJ Arafat, il se réjouit que « l’artiste vit toujours parce que ses droits sont suivis ».
Philip KLA
