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Bredoumy placé en garde à vue : Assalé Tiémoko dénonce "la facilité d'incinération" du régime d'Abidjan

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Les députés de Côte d'Ivoire ne sont pas contents. Et ce, après l'interrogatoire suivi de la garde à vue du député du PDCI-RDA, Soumaila Brédoumy.

Le député-maire de la commue de Tiassalé, Assalé Tiémoko Antoine, connu pour se prononcer sur tous les sujets d'actualité de Côte d'Ivoire, n'est pas resté en marge de l'affaire Bredoumy.

En effet, après son retour en Côte d’Ivoire, le Secrétaire exécutif adjoint et porte-parole principal du PDCI-RDA, Soumaila Bredoumy a été convoqué la préfecture d'Abidjan. 

Suite à son interrogatoire, le cadre du parti de l'opposition aurait refusé de répondre sous prétexte de faire valoir son "droit au silence". Sauf que, selon un communiqué publié le jeudi 27 novembre par le parti dirigé par Tidjane Thiam, Soumaila Brédoumy a été placé en garde à vue pour "flagrant délit". 

"Ne connaissant pas le fond du dossier, je m'abstiendrai de tout jugement sur la réalité ou non des faits reprochés. Ce qui m'interpelle toutefois, c'est la facilité avec laquelle on incarcère dans notre pays, comme s'il n'existait aucune alternative à la détention", a dénoncé Assalé Tiémoko.

A le suivre, même s'il est clair que nul n'est au-dessus de la loi, même pas les députés, "lorsqu'un prévenu bénéficie de la présomption d'innocence-parce qu'il n'a pas encore été définitivement condamné et qu'il offre de solide garanties de représentation-il est possible de poursuivre la procédure sans l'incarcerer, la liberté étant de droit et la privation de liberté, l'exception". 

En clair, à la place de la garde à vue, Assalé Tiémoko aurait souhaité, par exemple, dans le cadre du contrôle judiciaire, la confiscation du passeport du mis en cause et lui imposer des mesures contraignantes jusqu'à jugement. "C'est le cas dans l'affaire Komé Bakary : malgré des inculpations pour plusieurs infractions et l'annulation de son acte de naissance pour 'fraude', il demeure en liberté sous le contrôle d'un juge d'instruction", a-t-il rappelé.

 Avant d'ajouter que le Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA, ex-MACA) est déjà, selon le Conseil national des droits de l’Homme, surpeuplé d'environ 200%. "Ne pourrait-on pas, face à une telle réalité, envisager d'autres réponses que la détention systématique ?", a-t-il questionné.