
Mesdames et Messieurs Les Vice-présidents du PDCI-RDA
Mesdames et Messieurs Les Secrétaires Exécutifs du PDCI-RDA
Membres du Bureau Politique,
Inspectrices et Inspecteurs du Parti,
Délégués du PDCI-RDA,
Membres du Grand Conseil,
Présidents des Jeunes et des Femmes,
Membres du Comité des Sages,
À toutes les instances du Parti,
Aux chefs traditionnels, coutumiers et religieux de Côte d’Ivoire, du N’Zi et du Département de Bocanda,
Chers collègues,
Chers militants et sympathisants du PDCI-RDA,
Depuis toujours, mon engagement politique s’inscrit dans une seule et même dynamique : servir nos populations et défendre, avec loyauté et dignité, les valeurs fondatrices du PDCI-RDA. Ces valeurs reposent sur la probité, la responsabilité, la solidarité et le respect des militants qui, chaque jour, portent notre parti avec espoir et fidélité.
Aujourd’hui, je m’adresse à vous non seulement comme élue de la Nation, mais aussi comme militante consciente de la responsabilité morale qui nous lie à l’histoire et à l’avenir de notre grand parti.
Le silence face à certaines dérives serait une faute envers nos militants, envers nos aînés qui ont bâti ce parti, et envers les générations futures qui attendent de nous l’exemple.
Avant d’en arriver à cette démarche, je tiens à rappeler avec gravité que plusieurs tentatives de règlement interne ont été engagées. À différentes reprises, nous avons privilégié la voie du dialogue, de la clarification et de l’apaisement. Nous avons cherché, dans un esprit de responsabilité et de fraternité politique, à trouver des solutions qui préservent l’unité et la crédibilité de notre parti. Malheureusement, ces démarches sont restées sans suite.
Aucune réponse satisfaisante n’a été apportée aux préoccupations légitimes soulevées par plusieurs militants et responsables. Face à cette situation, le silence et l’inaction ne peuvent plus être une option, car ils finiraient par affaiblir davantage la confiance des militants envers nos structures.
Tout d’abord, nous avons demandé à Maître Blessy de rendre compte de la gestion et de l’organisation du processus électoral.
En effet, une somme de 500 000 FCFA a été perçue dans ce cadre, alors même que certaines candidatures n’ont finalement pas été déposées, laissant plusieurs candidats et militants dans une incompréhension totale.
Par ailleurs, il apparaît que la gestion du parti est aujourd’hui conduite de manière opaque, sous la responsabilité de Maître Blessy sans qu’aucun compte rendu clair ne soit présenté aux militants et aux responsables du parti.
De plus, certaines décisions prises durant le processus électoral soulèvent de sérieuses interrogations. L’empêchement de la candidature d’un militant à Bouaflé, par exemple, a contribué à affaiblir notre potentiel électoral. Au regard de notre implantation et de la dynamique de notre parti, nous pouvions raisonnablement espérer plus de 60 députés, alors que le résultat final s’est limité à environ 30 députés, révélant ainsi de graves dysfonctionnements dans l’organisation et la stratégie. Il est également particulièrement préoccupant de constater que certains députés sont aujourd’hui encouragés et soutenu par Me Blessy, actuel Président du Groupe parlementaire PDCI RDA à rejoindre le groupe parlementaire des indépendants, sans justification politique claire. Une telle orientation fragilise l’unité et la crédibilité du PDCI-RDA au sein de l’Assemblée nationale, alors même que nos militants attendent de nous cohésion et détermination.
Nous ne pouvons pas non plus rester silencieux face à l’attitude adoptée lors de l’incarcération de plusieurs cadres et jeunes militants du PDCI-RDA, parmi lesquels des étudiants en instance de soutenance de leur thèse.
Dans ces moments difficiles, Maître Blessy est resté silencieux. Plus grave encore, lorsque des démarches ont été envisagées afin de contribuer à la libération de ces jeunes détenus, il s’y est fermement opposé, alors même qu’en sa qualité d’avocat, il aurait pu jouer un rôle déterminant. Face à cette situation, j’ai été contrainte de solliciter les services de l’avocat Madame GBAGBO afin d’obtenir la libération de ces jeunes et cadres emprisonnés. Une telle situation doit interpeller notre conscience collective : devons-nous laisser nos militants sans soutien lorsque l’épreuve les frappe ? En outre, force est de constater qu’aucune véritable considération n’est aujourd’hui accordée aux jeunes et aux femmes du PDCI-RDA, pourtant piliers essentiels de la vitalité, du renouvellement et de l’avenir de notre parti.
Au regard de l’ensemble de ces faits, et après plusieurs tentatives infructueuses de clarification et de règlement interne, je ne peux plus continuer à travailler dans ces conditions avec Maître Blessy.
C’est pourquoi moi, Honorable N’Zi N’Da Eliane, ai décidé de me mettre temporairement en retrait du groupe parlementaire du PDCI-RDA, le temps que toute la lumière soit faite sur ces différentes situations et que les principes de transparence, de responsabilité et de respect des militants soient pleinement restaurés. Cette décision n’est ni une rupture ni une renonciation. Elle est un acte de conscience et de responsabilité politique, guidé par la volonté de préserver l’honneur, la crédibilité et l’avenir de notre grand parti. Car au-delà des personnes, ce qui doit nous guider demeure l’intérêt du PDCI-RDA, la confiance des militants et le respect de l’héritage politique que nous avons reçu. Je reste profondément attachée aux valeurs du PDCI-RDA et demeure disponible pour toute démarche sincère visant à rétablir la confiance, la transparence et l’unité au sein de notre formation politique.
Fait pour servir et valoir ce que de droit.
Honorable N’Zi N’da Eliane
Députée de Bocanda
Vice-Présidente du PDCI-RDA