Politique

Régime Rhdp : Alassane Ouattara, le pardon au pouvoir

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L’ancien ministre de la Défense, Lida Kouassi Moïse et le jeune cyber activiste pro-Gbagbo, Ibrahim Zigui, ont été élargis, le lundi 6 juillet dernier. Ils purgeaient des peines de prison en raison d'activités jugées "inciviques", pour ne pas dire plus, par la justice.

Heureux mortels qui, comme Lida Kouassi Moïse et Ibrahim Zigui, peuvent regagner leurs familles après quelques mois de privation de liberté. Le premier a été mis sous mandat de dépôt après que de jeunes vandales pro-PPA-CI appréhendés suite à l'incendie d'un bus et au caillassage d'un véhicule de la police, le 1er août 2025, l'ont désigné comme l'un des commanditaires. Quant au second, Ibrahim Zigui, jeune cyber activiste proche de Nady Bamba, épouse de l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, il a ouvertement appelé à un soulèvement dans une vidéo postée quelques heures avant l'annonce de la liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle du 25 octobre 2025.

 Dans cette vidéo où se mêlaient provocation et mise en garde

Dans cette vidéo où se mêlaient, sans la moindre retenue, provocation et mise en garde adressée, mezza voce, à la présidente du Conseil constitutionnel, la magistrate hors hiérarchie, Chantal Nanaba Camara, il invitait les Ivoiriens à se tenir prêts à manifester au cas où le nom de Laurent Gbagbo n'était pas sur cette liste. En des termes assez osés, il annonçait alors l'imminence de ce qu'il appelait "une finale nationale". Des outrances qui n’ont pas laissé insensibles les autorités compétentes.

Conséquence, le 2 septembre 2025, il a été interpellé puis placé, par la suite, sous mandat de dépôt. Un homme politique ivoirien, Laurent Gbagbo, pour ne pas le nommer, le dit bien : ‘’quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer’’. Visiblement, Ibrahim Zigui n’a pas su s’envoyer. Et il a payé son impudence au prix fort. Près d’un an sous les verrous. Il a très certainement eu le temps de méditer ce verset biblique qui enseigne que ‘’tout est permis, mais tout n’est pas utile’’. Il pouvait bien soutenir la cause de son champion sans verser dans les dérives. Nul doute qu’il a voulu faire son intéressant. A ses dépens, faut-il le regretter.

Les deux hommes ont finalement été remis en liberté

On notera que les deux hommes ont finalement été remis en liberté le lundi 6 juillet, quasiment après un an de détention. Presqu’une aubaine. Quand on sait que sous le défunt régime de la Refondation dont Laurent Gbagbo était le chef, il était impossible de bénéficier de telles faveurs. A cette époque, c’était la mort ou …la mort. Parce qu’en ce temps-là, un bon opposant était…un opposant mort. Le régime n’avait pas de temps à perdre. La prison, c’était l’exception et les voies de fait ou la mort la règle. C’était le temps honni des ‘’Jeunes patriotes’’, ces miliciens qui étaient au défunt régime Gbagbo, ce qu’étaient les ‘’Tontons Macoute’’ pour l’ex-pouvoir Duvallier, en Haïti. A la vérité, ces jeunes enivrés par la haine de l’ex-opposition avaient mis Abidjan sous coupe réglée.

De sorte que l’opposition ou tout ce qui lui ressemblait n’avait pas voix au chapitre. Ainsi, les journaux proches de celle-ci étaient-ils déchirés, les rédactions incendiées (Le Patriote, 24 Heures…). Il ne serait pas excessif de soutenir que la Côte d’Ivoire vivait sous une chape de plomb. Illustratif de cette dérive systémique, l’assassinat du journaliste français Jean Hellène, de son vrai nom, Christian Baldensperger, par le sergent Dery Dago Théodore, a braqué les projecteurs de la presse étrangère sur le pays. Ce sergent de police connu pour son soutien au régime Gbagbo avait agi par zèle. La haine semblait donc être le vrai mobile de son acte. Au lendemain de ce meurtre qui a suscité une vraie onde de choc, la presse française a dénoncé ‘’la haine au pouvoir en Côte d’Ivoire’’.

La Côte d’Ivoire vit littéralement à l’ère du pardon

De même, aujourd’hui, sous Alassane Ouattara, on peut parler, par analogie, du ‘’pardon au pouvoir’’. Parce que la Côte d’Ivoire vit littéralement à l’ère du pardon. A ce sujet, il serait fastidieux de faire un inventaire des torts subis par l’ancien mentor du RDR. De sorte que si celui-ci voulait se venger, beaucoup de personnes pourraient connaitre des misères. Mais, l’actuel chef de l’Etat a pris le parfait contrepied de son prédécesseur. Il a pardonné et il l’a dit. Il a donc mis le pardon au cœur de son magistère. Et refuse toute logique de règlements de comptes. Ainsi, la prison est la règle pour tous ceux qui enfreignent la loi.

D’ailleurs, il serait erroné de parler de ‘’mort’’, puisqu’aucun opposant n’est tué pour ses opinions ou pour avoir critiqué le pouvoir en place depuis qu’il dirige la Côte d’Ivoire. Le pire qui puisse arriver à tout opposant qui décide de ramer à contre-courant, c’est la prison. Sans parler de tous ces ‘’objecteurs de conscience’’ qui sont libres de donner leurs opinions sur différents sujets politiques, parfois sur des chaînes de télévision, sans avoir à en payer le prix, comme au temp s où Gbagbo était aux affaires. Pour terminer, il ne serait pas inutile de dire un mot de Lida Kouassi qui a souvent maille à partir avec la justice. Puisque c’est bien au moins la 4e fois qu’il est écroué. Toujours avec les mêmes chefs d’accusation qu’il réfute avec la même régularité. L’on en vient alors à se demander : pourquoi est-ce toujours lui et pas un autre ? Or, il n’y a pas de fumée sans feu, dit un adage