
L'incendie a détruit des tentes de traitement à l'hôpital général de Rwampara, un coin où le virus est particulièrement actif depuis la mi-mai dans l'est de la RDC. Des jeunes, accompagnés de la famille de l'enfant mort, ont débarqué pour récupérer le corps, pas contents de la façon dont ça s'est passé. Les équipes médicales ont refusé, alors ils ont balancé des projectiles et mis le feu à deux tentes. Un corps a brûlé dans l'incendie, et un soignant a été blessé par des pierres. La police a dû intervenir avec des tirs de sommation.
« Des jeunes voulaient récupérer le corps d'un patient décédé, ils sont entrés dans l'hôpital et ont brûlé les deux tentes d'isolement », a raconté un responsable de l'hôpital de Rwampara.
Six patients, dont des cas confirmés, se sont enfuis pendant le chaos, ce qui fait craindre que le virus Bundibugyo ,sans vaccin ni traitement spécifique, se propage encore plus. Le gouvernement congolais a dit en fin de soirée que le calme était revenu et que les soins continuaient normalement. Les autorités appellent les gens à rester calmes et condamnent fermement toute violence contre les structures de santé et le personnel.
L'ONG ALIMA, qui gérait les tentes, a dénoncé l'attaque et mis en garde contre les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux et qui nourrissent la méfiance envers les équipes médicales. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a rappelé que les corps restent contagieux et a insisté pour qu'on respecte les protocoles d'inhumation sécurisés : « Le mort ne doit pas entraîner avec lui d'autres personnes dans la tombe. »
Tout ça arrive alors que l'épidémie s'aggrave, avec près de 671 cas suspects et environ 160 décès, selon les derniers chiffres de l'Institut national de santé publique. L'OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale dimanche, et des premiers cas ont été signalés au Sud-Kivu. Certains ont même traversé la frontière ougandaise, et l'Ouganda a suspendu ses vols vers la RDC.