Santé

Face au choléra : Le Nigeria intensifie sa riposte sanitaire

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Dans le nord-est du Nigeria, la situation sanitaire se tend sérieusement avec une épidémie de choléra qui prend de l’ampleur. Dans l’État de Borno, près de 7 850 cas suspects ont été recensés jusqu’à présent, et 74 personnes ont perdu la vie. Sur le terrain, habitants, soignants et humanitaires tirent la sonnette d’alarme.

Ils réclament une réponse plus forte face à une maladie qui prospère à cause du manque d’eau potable et d’installations sanitaires de base. L’épidémie ne cesse de s’étendre dans cette région. Au 7 juin, les autorités sanitaires locales comptaient ces chiffres, et la maladie touche désormais plus de la moitié des zones administratives de Borno. Depuis l’apparition du premier cas suspect début mai, les centres de traitement sont submergés par un flot constant de malades qui ont besoin de soins urgents.

Parmi eux, il y a la fille de Fatima Muhammad, une résidente de Maiduguri. Cette mère raconte que sa fillette de dix ans a souffert de douleurs au ventre et de vomissements avant d’être hospitalisée. Malgré les précautions d’hygiène qu’elle prend chez elle, Fatima craint que la maladie ne continue à se propager. Elle supplie les autorités d’intensifier les actions de prévention, de désinfection et de soutien aux communautés les plus vulnérables.

Les organisations humanitaires saluent toutefois les efforts des autorités locales. Joshua Na, responsable de Save the Children, parle d’un « leadership exemplaire » dans la gestion de cette crise. D’après les équipes médicales sur place, le nombre de nouvelles admissions par jour semble commencer à baisser, même si les centres restent bondés. Médecins Sans Frontières rapporte environ 230 admissions quotidiennes, avec un pic de près de 500 patients le 5 juin seulement.

Le choléra n’est pas une nouveauté au Nigeria. Le manque d’accès à l’eau potable, les infrastructures sanitaires défaillantes et les soins de santé insuffisants provoquent régulièrement des épidémies. Selon les chiffres du gouvernement, seule une petite partie de la population a un accès fiable à l’eau potable. Pour les humanitaires, la campagne de vaccination que les autorités prévoient pourrait aider à ralentir la transmission. Mais à long terme, ils insistent , améliorer durablement l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement reste la clé pour éviter que de nouvelles épidémies ne frappent.