
Le patient, un Kényan installé en République démocratique du Congo, avait atterri à Nairobi le 3 octobre. Trois jours plus tard, le pays apprenait que le virus était entré sur son sol. Depuis, les autorités courent contre la montre. Vingt-huit personnes ont été en contact avec le défunt : des membres de sa famille, mais aussi des agents de santé qui l'ont pris en charge. Toutes sont désormais sous surveillance. Le ministre a annoncé un suivi strict de chacune d'elles pour éviter que le virus ne s'installe.
Ce cas arrive dans un contexte inquiétant. À l'ouest, la RDC traverse la plus grave épidémie d'Ebola de son histoire. En cause, une souche rare, le Bundibugyo. Déclarée à la mi-mai, l'épidémie couvait peut-être depuis plusieurs mois avant d'être détectée. Le bilan est lourd : plus de 4 000 morts pour plus de 8 000 cas recensés.
Le virus avait déjà franchi une frontière. L'Ouganda voisin a enregistré 20 cas et deux décès avant que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne le déclare exempt d'Ebola en août. Le Kenya devient ainsi le deuxième pays voisin de la RDC touché par cette flambée.
Le danger tient à la façon dont le virus circule. Il se transmet par contact direct avec les liquides biologiques d'une personne infectée, qu'elle soit vivante ou décédée. Fièvre, vomissements et diarrhées marquent le début de la maladie. Dans les formes graves, des hémorragies internes ou externes peuvent survenir.
Pour Nairobi, tout se joue maintenant dans les prochains jours. Si les 28 personnes surveillées restent saines, le Kenya aura évité le pire. Dans le cas contraire, le pays pourrait rejoindre la liste des territoires frappés par cette épidémie hors norme.