
A Songon Agban Attié 2, la tension est palpable lors de notre passage mercredi dans le village. Des populations dénoncent un laxisme des autorités administratives compétentes, les accusant d’aller dans le sens contraire d’une grosse du Conseil d’Etat qui rétablissait le chef Loba Moussan Barnabé dans ses droits. « Nous n’allons pas nous laisser faire », menace un secrétaire chef Loba Moussan Barnabé. A l’en croire, c’est après trois ans de bataille juridique que le Conseil d’Etat a rendu une décision rétablissant le chef Loba Moussan Barnabé comme chef du village de Songon Agban Attié 2.
De fait, vidant, dans son audience publique ordinaire du 12 novembre 2025, le contentieux opposant Loba Moussan Barnabé contre l’ex-préfet du département d’Abidjan, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté N°063/PA/SG/D1 du 16 octobre 2023 du préfet du département d’Abidjan portant nomination de monsieur N’Cho Jérôme Atsé en qualité de chef du village de Songon Agban Attié 2, sous-préfecture de Songon et rétablit Loba Moussan Barnabé dans sa qualité de chef du village de Songon Agban Attié 2.
Mais, alors que les proches du chef croyaient cette bataille juridique définitivement réglée suite au verdict du Conseil d’Etat, elles disent ne pas comprendre qu’en lieu et place de faire respecter cette grosse de tous, les autorités administratives convoquent une consultation populaire ce samedi 04 avril 2026. « On ne comprend pas pourquoi on n’applique pas la grosse qui est une décision de justice et on s’évertue à organiser une consultation populaire », déplore le chef résidant qui appelle le ministère de l’Intérieur ainsi que toutes les autorités administratives à s’impliquer dans l’application stricte des décisions du Conseil d’Etat. Et le secrétaire général du chef Loba Moussan Barnabé de marteler qu’une décision contraire à la grosse du Conseil d’Etat ne sera pas acceptée des populations. « Ça n'a vraiment pas de sens cette nouvelle consultation populaire après la décision du Conseil. Nous n’accepterons aucune autre manipulation », martèle-t-il non sans appeler les autorités à « l’application stricte de la loi ».
Pour Jean-Marc Sery, sous-préfet de Songon, que nous avons joint par téléphone, cette consultation est juste « une activité administrative instruite par le préfet d’Abidjan ». Une situation que comprennent difficilement les populations de Songon Agban Attié 2 qui disent avoir saisi toutes les autorités pour prévenir « toute manipulation ».