
Cette rencontre intervient dans un contexte où les conflits fonciers se multiplient, fragilisant les investissements agricoles et menaçant la cohésion sociale.
L’agriculture, pilier économique sous tension, avec une contribution de près de 25 % au PIB, dont 8,4 % issus des cultures d’exportation, l’agriculture demeure un pilier de l’économie ivoirienne. Toutefois, l’ambition du gouvernement ne se limite plus à la production brute . Il s’agit désormais de transformer localement, de capter davantage de valeur ajoutée et d’accélérer l’industrialisation, conformément au Plan national de développement 2026-2030. Or, cette stratégie se heurte à une contrainte majeure. Notamment, l’insécurité foncière. Contestations de titres, chevauchements de droits coutumiers et modernes, pressions urbaines ou minières autant de facteurs qui freinent la dynamique industrielle.
Face à ces défis, l’Union des Grandes Entreprises Industrielles (UGECI) et l’Union des Entreprises Agricoles et Forestières (UNEMAF) ont porté la problématique au sein de la CGECI. Après un an de travaux préparatoires, l’atelier de Grand-Bassam vise à établir un diagnostic partagé et à proposer des solutions concrètes. À l’ouverture, Seynou Idrissa, conseiller technique du ministre de l’Agriculture, a rappelé que la sécurisation foncière est à la fois un enjeu économique et social. Les réformes engagées, notamment la révision de la loi de 1998 et l’action de l’Agence Foncière Rurale (AFOR), témoignent des efforts de l’État : plus de 5 586 territoires villageois délimités et 67 835 certificats fonciers délivrés à fin 2025.
Pour le secteur privé, l’équation est simple : « Sans foncier sécurisé, pas d’usine ; sans usine, pas de transformation ; sans transformation, pas de valeur ajoutée locale », résume Stéphane Aka-Anghui, directeur exécutif de la CGECI. Durant trois jours, administration, chefferies traditionnelles, patronat et ONG ont planché sur des pistes : clarification des procédures, médiation communautaire, meilleure articulation entre urbanisation et zones agro-industrielles.
Par ailleurs, un Livre blanc sera remis au gouvernement, avec l’ambition de transformer le foncier en levier de compétitivité plutôt qu’en facteur de blocage. Car pour la Côte d’Ivoire, puissance agricole régionale, la sécurisation des terres reste un préalable incontournable à l’industrialisation et à l’attractivité durable de son économie.
