
Le document répond aux acteurs de la filière qui jugent ce prix inférieur à leurs attentes ou à ceux d'autres pays producteurs. La moyenne des ventes réalisées par le régulateur entre mars et juin s'est établie à 1 940 FCFA le kilo, en ligne avec un marché mondial qui oscillait alors entre 2 200 et 2 800 livres sterling la tonne, soit 1 680 à 2 138 FCFA le kilo. Les 1 200 FCFA retenus représentent un peu plus de 60 % de cette moyenne. Sur ces quatre mois, la Côte d'Ivoire a placé auprès des exportateurs des contrats portant sur 1,1 million de tonnes, une opération qui lui prenait neuf mois les années précédentes. Le marché était alors « en chute de près de 70 % à cause de la conjoncture mondiale », précise la note.
Les cours ont remonté après la clôture des ventes
Les cours mondiaux tournent aujourd'hui autour de 4 300 livres la tonne, soit 3 284 FCFA le kilo. Mais l'embellie n'a commencé qu'en août, alors que le régulateur avait clos ses ventes de contrats en juillet. « La Côte d'Ivoire, tout comme les autres pays producteurs de cacao, ne fixe pas les prix du cacao sur le marché mondial mais les subit », souligne le document, pour qui « personne ne peut prédire l'avenir sur ce marché ». Le texte s'appuie aussi sur les coûts de production, estimés à 1 000 FCFA le kilo par les études du Conseil du Café-Cacao, régulateur de la filière depuis 2012. Ce chiffre sert de « baromètre » à la fixation du prix bord champ. « Par conséquent, le prix garanti de 1 200 FCFA/kg pour la grande campagne cacao ne peut pas être considéré comme étant un prix dérisoire », affirme-t-il.
La note rappelle enfin que la Côte d'Ivoire pratique la vente anticipée de son cacao depuis l'indépendance, à l'exception de la libéralisation de 2000 à 2011, sous le régime du FPI, où exportateurs, acheteurs et pisteurs fixaient eux-mêmes des prix variables d'une région, d'une ville ou d'un acheteur à l'autre. Depuis 2012, l'État s'est engagé à payer au moins 60 % du prix international, un engagement « de tout temps respecté ». Dans un marché en perpétuelle fluctuation, « ce qui semble être un bon prix garanti aujourd'hui le sera beaucoup moins demain », conclut le document. Ce prix est, selon lui, « le maximum que la Côte d'Ivoire puisse fixer dans le contexte actuel » et, « s'il est respecté par les acheteurs, il devrait procurer des revenus décents aux producteurs ivoiriens de cacao ».
Yacouba DOUMBIA