
C'était à l'occasion de la deuxième session des rencontres « Focus PND », organisées par la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI). L'objectif de ces rencontres sectorielles c'est de faire connaître le Plan national de développement 2026-2030 aux opérateurs économiques et leur donner une lecture claire des opportunités qu'offrent les grands chantiers de l'État.
Djibril Ouattara a présenté sept piliers stratégiques, déclinés en 40 projets structurants, dont la réussite passera, selon lui, par une mobilisation forte du secteur privé.
Premier chantier : étendre la connectivité à l'ensemble des zones habitées du territoire, faciliter l'accès aux équipements et explorer le recours aux technologies satellitaires pour atteindre une couverture universelle.
Deuxième axe : la dématérialisation de l'administration, pour que citoyens et entreprises puissent traiter leurs démarches à distance. Le ministre évoque une gouvernance renforcée, des plateformes interopérables et des registres publics structurés autour d'une identité numérique unique.
Troisième pilier : bâtir un véritable écosystème de l'innovation, ouvert aussi bien aux jeunes startups qu'aux entrepreneurs confirmés et aux grandes entreprises. « Nous souhaitons intéresser aujourd'hui tout le monde à l'innovation technologique », a lancé Djibril Ouattara, pour qui l'innovation doit aussi devenir un moteur de productivité et de diversification pour les entreprises. Vient ensuite le développement d'une intelligence artificielle nationale, censée renforcer l'efficacité de l'administration, des entreprises et des services rendus aux citoyens.
Cinquième priorité : la cybersécurité et la confiance numérique, conditions jugées indispensables pour développer les usages numériques et sécuriser les transactions en ligne.
Le sixième pilier mise sur les compétences : former de nouvelles générations de diplômés adaptées aux besoins du marché, tout en renforçant la culture numérique de la population dans son ensemble.
Dernier chantier : redynamiser le commerce électronique, avec en toile de fond une refonte des services postaux pour soutenir la logistique et permettre aux entreprises, y compris celles de l'intérieur du pays, d'accéder à des marchés plus vastes.
Selon le ministre, ces sept piliers doivent porter la part du numérique dans le PIB à 15 % d'ici 2030, contre 6 à 8 % actuellement. Il a plaidé pour l'émergence de champions nationaux capables de porter cette ambition, présentant les 40 projets comme autant d'opportunités d'investissement et de partenariats pour le privé. « Chacun de ces chantiers est une porte d'entrée pour vos investissements, vos partenariats et votre croissance », a-t-il insisté, appelant les entreprises à s'en saisir.
Le président de la CGECI, Ahmed Cissé, a pour sa part rappelé l'importance du dialogue entre l'État et le secteur privé dans la mise en œuvre du PND. Il a souhaité que les opérateurs économiques obtiennent davantage de visibilité sur la maturité des projets, leur financement, les montages en partenariat public-privé et les délais d'exécution. « Nos entreprises sont prêtes à co-construire avec l'État les chantiers portés par votre ministère, pour faire du numérique le levier structurant du développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Cette session ouvre le cycle des rencontres sectorielles « Focus PND », après celle consacrée aux grandes orientations du plan.