
Hier mercredi 16 septembre 2026, l'immeuble SCIAM à Abidjan a abrité la cérémonie officielle de clôture de la réunion de coordination consacrée à l'opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP) présidée par le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Cette rencontre stratégique concrétise la volonté ferme de l'État d'assainir, de structurer et de moderniser l'exploitation minière artisanale et à petite échelle, de l'amont extractif jusqu'à la commercialisation internationale.
Face aux investisseurs internationaux, le ministre des Mines a recadré les enjeux de cette transformation majeure. Mamadou Sangafowa-Coulibaly a affirmé que « cette initiative ne vise pas simplement à capter localement une plus grande part de la valeur ajoutée de l’exploitation de notre or, elle est fondamentalement structurante » a-t-il relevé. Il a également réaffirmé la trajectoire ambitieuse fixée par le gouvernement pour l'avenir minier national « L’unité d’affinage entrera en exploitation au terme du premier semestre 2027 et, à plein régime, la Côte d’Ivoire devrait se hisser au rang de premier producteur africain d’or d’ici 2035 » a-t-il insisté.
Un projet remodelé par le ministère pour l'inclure dans une stratégie cohérente
L'architecture institutionnelle et le modèle d'affaires de la SIMEP traduisent une volonté d'affirmation souveraine doublée d'un ancrage dans les meilleurs standards mondiaux. Exposant la genèse et la structure du projet, Souleymane Soro, Directeur de cabinet du ministère et chef du projet, a rappelé la méthode entreprise pour concrétiser cette vision. « Le ministre a totalement remodelé le projet pour l’inclure dans une stratégie cohérente de gestion de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle », a précisé le chef de projet. Détaillant l'actionnariat de la nouvelle entité, il a ajouté que « la Société ivoirienne des métaux précieux est une société à participation financière publique où l’État et la SODEMI réunis détiennent 49 % du capital social, pour une participation nationale totale de 70 % ».
Au-delà du contrôle national, la réussite du dispositif repose sur l'intégration d'acteurs de premier plan à l'échelle internationale, au premier rang desquels figure le géant américain StoneX, premier négociant mondial d'or non banquier coté au NASDAQ, épaulé par AlphaStream, AVA et le Conseil mondial de l'Or. S'exprimant au nom des partenaires techniques et financiers, Jack Falkner, porteparole des partenaires de la SIMEP, a salué le dynamisme de l'écosystème ivoirien. « Une leçon importante que nous avons tirée de notre expérience est que les secteurs des métaux précieux qui réussissent reposent sur la confiance, la transparence et une réglementation solide », a-t-il déclaré, avant de souligner l'urgence d'une synergie interinstitutionnelle. Dans la foulée, il a précisé que « Les normes internationales ne peuvent pas être atteintes par une seule institution agissant isolément ; elles nécessitent une coordination entre les autorités minières, douanières, fiscales et commerciales ». L'implantation à Abidjan de la raffinerie de la SIMEP, prévue pour traiter à terme près de cent tonnes d'or par an, garantira une traçabilité rigoureuse, un accès équitable au financement pour les petits exploitants et la constitution d'un stock d'or souverain pour l'État. En connectant directement la production artisanale locale aux grands marchés mondiaux, la Côte d'Ivoire convertit un secteur autrefois informel en un pilier durable de son émergence économique.
Le Comptoir national, maillon central du dispositif
Le Comptoir national, partie intégrante de la SIMEP, devra agréger l’or produit par les EMAPE, en certifier l’origine et organiser son acheminement sécurisé vers l’unité d’affinage. Il devra également faciliter l’accès des petits producteurs au financement et promouvoir les meilleures techniques aux standards internationaux offrant de meilleurs rendements. Son rôle sera donc essentiel pour assurer un approvisionnement régulier de la raffinerie et fédérer une production aujourd’hui répartie entre de nombreux opérateurs. Une collecte mieux structurée devrait aussi améliorer la traçabilité des volumes, renforcer la visibilité statistique du secteur et accroître les recettes publiques.
Une expertise répartie entre plusieurs partenaires
Pour mener à bien cette ambition, la Côte d’Ivoire s’est entourée de partenaires spécialisés couvrant les différents métiers de la filière. La firme américaine StoneX accompagnera la commercialisation de l’or affiné et son accès aux marchés internationaux. Premier négociant mondial d’or non bancaire et le troisième en incluant les banques, le groupe est coté à la Bourse de New York, au Nasdaq. Ses activités couvrent notamment le négoce, le financement, la logistique, la gestion des risques et l’accès aux marchés. « La commercialisation de l’or affiné sur le marché international s’appuiera sur la puissance financière de StoneX et sa parfaite connexion avec les acteurs clés mondiaux de la chaîne de valeur aurifère », a expliqué le ministre.
Pour Jak Falkner, représentant de StoneX, la confiance du groupe repose autant sur l’ambition du projet que sur l’engagement des autorités ivoiriennes. « Ce qui renforce notre confiance, ce n’est pas seulement l’ambition du projet, mais également l’engagement que nous avons pu constater de la part du ministre en charge des Mines et de son administration. Il existe une volonté claire de mettre en place une structure conforme aux normes internationales et de renforcer le rôle de la Côte d’Ivoire au sein de l’écosystème mondial des métaux précieux », a-t-il déclaré. « Notre rôle est de contribuer à connecter la production locale aux marchés internationaux, tout en maintenant des standards élevés en matière de transparence, de conformité et d’excellence opérationnelle. C’est cette expertise que nous souhaitons mettre au service de la Côte d’Ivoire, aux côtés du gouvernement, du ministère des Mines et de la SIMEP », a poursuivi le représentant de StoneX. AlphaStream organisera le circuit de collecte, tandis qu’AVA, spécialisé notamment dans le négoce des matières premières, prendra en charge la logistique et la sécurité. Le Conseil mondial de l’or, ou World Gold Council, doit, pour sa part, faciliter l’intégration de la SIMEP dans l’écosystème international et contribuer à l’adoption des meilleures pratiques.