
Il a salué la directrice générale, Ngozi Okonjo-Iweala, pour son combat pour un commerce plus ouvert, avant de planter le décor. Un monde sous tension : conflits, montée du protectionnisme, chaînes d'approvisionnement grippées, financements de plus en plus difficiles. À cela, a-t-il ajouté, le dérèglement climatique et la révolution de l'intelligence artificielle. Il a indiqué que ce sont les pays en développement qui trinquent le plus. "Le contexte international est marqué par des tensions géopolitiques, des conflits, la montée du protectionnisme... Ces évolutions affectent particulièrement les pays en développement dont les économies restent souvent dépendantes", a-t-il expliqué.
Mais pour lui, il ne s'agit plus seulement d'exporter plus. Il faut s'en servir autrement. Le commerce, a-t-il dit, ça ouvre des marchés, ça fait circuler la technologie. L'investissement, ça construit des routes et modernise les usines. Encore faut-il que ça serve à transformer l'économie de l'intérieur, à créer de vrais emplois. "Un pays qui vend son cacao brut pour racheter du chocolat cher restera dépendant", a-t-il lancé. Et faire venir des investisseurs ne sert à rien s'il n'y a pas de transfert de compétences. Il a pris l'exemple ivoirien. Entre 2012 et 2025, malgré le Covid et les crises, la Côte d'Ivoire a tourné à près de 7% de croissance en moyenne, bien au-dessus du continent. Comment ? En misant sur la transformation locale.
Le président Ouattara a étayé cela par les chiffres : 41% du cacao est désormais transformé sur place pour la campagne 2024-2025, en pâte, beurre et poudre. Objectif, le chocolat fini. Même bond pour l'anacarde, passée de 2% en 2012 à 43% en 2025, avec un cap à 80% d'ici 2030. Tout cela sera consolidé dans le nouveau Plan National de Développement 2026-2030, avec 70% d'investissements privés attendus.
Il a conclu sur deux leviers : la ZLECAf pour élargir le marché, et la transition écologique. Et un message clair : "Le véritable défi, c'est de passer d'une économie qui exporte ses ressources à une économie qui les transforme chez elle. Le monde est complexe, mais il ne doit pas nous pousser au repli."